March 10, 2026

Municipales 2026 : en meeting à Paris Jean-Luc Mélenchon calme le jeu pour sauver sa candidate, Sophia Chikirou

l’essentiel
Hier soir, dans le 5e arrondissement de Paris, Jean-Luc Mélenchon tenait un meeting devant une salle comble pour soutenir Sophia Chikirou. À quelques jours du premier tour il a tenté de tourner la page des polémiques.

Dans la longue file d’attente qui s’étire devant la salle de la Mutualité, ils ne sont pas tous parisiens. Thierry est venu de Corse, Juan de Pierrefitte-sur-Seine, Noémie de Villejuif… Ils sont là pour soutenir leur parti, leur leader, dans un moment difficile. Jean-Luc Mélenchon est donc accueilli par une salle en délire.

Le public est debout et hurle « Résistance » ! Les Insoumis ne sont jamais aussi sonores que lorsqu’ils se sentent attaqués. « Ça me touche beaucoup », cabotine le tribun, qui ajoute : « ça me permet d’entrer dans le sujet par la porte des affects ! Vous me remontez le moral ». Les militants eux sont en pleine forme. Aucunement déstabilisés par les accusations d’antisémitisme qui ont suivi les propos tenus par l’ex candidat à la présidentielle à Lyon puis à Perpignan égratignant les noms de Epstein et Glucksmann pour en souligner les origines juives. Des polémiques qui, pour la plupart des Insoumis réunis hier soir, n’ont pas lieu d’être.

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« Ce sont de fausses polémiques, nous explique Thierry. Moi, cette histoire de cordon sanitaire (autour de LFI, NDLR), je ne comprends pas. Ça n’est pas la première fois que Jean-Luc Mélenchon fait ce genre de jeux de mots. Il avait commencé avec Wenstein. Mais je vois que ça ne passe pas dans l’électorat parisien. Paris, c’est une sociologie particulière qui est mûre pour trouver des bonnes raisons de ne pas voter Chikirou. C’est une sociologie de centre gauche ».

Voilà expliqués les sondages qui indiquent que la candidate Insoumise ne dépasserait pas les 10 % qui permettent de se maintenir au second tour. « Les sondages sous-évaluent toujours les scores de LFI », se rassure pourtant Suzanne jeune militante parisienne.

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Pour elle aussi les attaques de ces derniers jours sont « assez ridicules car il n’y a rien d’antisémite dans les propos de Mélenchon. Il a l’habitude de ce genre de jeux de mots ». Juan, directeur d’école, reconnaît pour sa part que certains de ses proches ont pu être troublés. Alors que, lancés par un chauffeur de salle, le public hurle : « Siamo tutti antifascisti », il tente d’expliquer en s’égosillant : « J’ai bu un verre avec un collègue qui me disait : ‘c’est dommage de faire ce genre de blagues qui ne sont pas comprises’. Mais moi, je ne crois pas qu’il aurait dû éviter. Au fond, à l’Assemblée Nationale, il y a bien une statue de Louis IX qui était antisémite. Elle est là, on l’a vue quand on a visité le Palais Bourbon ». Noémie, elle, préfère ne pas dire à ses proches qu’elle vote LFI pour ne pas avoir à aborder la question de l’antisémitisme.

Mais Mélenchon est le seul homme politique dans lequel elle se retrouve : « c’est le seul qui soit vraiment de gauche. Il est antiraciste, il veut vraiment aider les gens et il n’est pas à la merci des lobbies ». Et d’ajouter dans un lapsus manifeste : « Cette polémique n’a pas lieu d’être car LFI est le seul parti qui n’a jamais été condamné pour antisémitisme », lapsus qui vise à l’évidence une extrême droite, omniprésente dans les esprits et les discours qui suivront.

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Sur scène, Jean-Luc Mélenchon, lui, décide d’évacuer le sujet en quelques mots : « Nous n’avons pas cru… nous ne croyons pas aux calomnies qui nous accablent. Nous ne croyons pas que nous soyons antisémites car nous ne sommes pas antisémites, mais on finit par trouver soûlants les gens que cette idée obsède ».

Quand au décès du jeune militant d’extrême-droite, Quentin Deranque, il l’évacue de même : « L’affaire de Lyon était bien un traquenard, la commission d’enquête finira pas avoir lieu ». Il poursuit son discours fleuve (près d’une heure et demie), mais sans polémique cette fois. Il y parle féminisme, masculinisme, condamne la guerre en Iran et consacre deux minutes, guère plus, à sa candidate Sophia Chikirou. Mais parce qu’on ne se refait pas, Jean-Luc Mélenchon prend soin d’écorcher le nom de Donald Trump, nommé « Troump ».

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