Un an après l’incendie de l’usine Gerstube à Vic-Fezensac, l’enquête reste sans réponse. Malgré les soupçons initiaux d’un acte criminel, l’enquête préliminaire n’a pas permis d’établir l’origine de l’incendie ou de trouver des suspects.
Clémence Meyer, le procureur de la République du tribunal judiciaire d’Auch, le confirme : “Il n’a pas été ouvert d’information judiciaire” concernant l’incendie qui a ravagé l’usine Gerstube à Vic-Fezensac, le 5 avril 2025. “En l’état des investigations, l’enquête préliminaire en cours n’a pas permis d’établir le caractère criminel ou accidentel de l’incendie.”

L’absence d’information judiciaire ne signifie pas que le dossier est classé, mais qu’aucune procédure judiciaire formelle n’a été ouverte. Les indices sérieux laissant penser qu’une infraction a été commise manquent pour justifier qu’une enquête approfondie soit menée sous la direction d’un juge d’instruction.
Impasses
Dès les premiers temps de l’enquête, la piste criminelle était considérée comme “la plus probable au vu des premières constatations”, déclarait le procureur. L’incendie de l’usine, qui a entraîné l’arrêt total de l’activité de Gerstube, a donné lieu à de nombreuses spéculations.
“On a parlé de plusieurs départs de feu dans l’usine, confie une source policière. Les images aériennes semblaient le montrer. Pour autant, rien n’est venu confirmer cette piste.”

Même conclusion concernant “des incendies qui auraient soi-disant frappé d’autres sites du groupe qui possédait l’usine de Vic-Fezensac.” Les recherches sur les deux intrus signalés dans le périmètre de l’usine par des salariés qui travaillaient de nuit, deux jours avant l’incendie, n’ont pas été plus fructueuses…
Un site détruit
Et “il est désormais impossible de trouver quoi que ce soit.” L’ancienne usine est aujourd’hui détruite.

Les opérations de démolition de l’usine, menées depuis la fin 2025 par la société bordelaise spécialisée Avenir Deconstruction, ont été entourées de nombreuses précautions pour éviter toute dispersion des débris contenant cette matière hautement cancérogène.
Délais trop longs
Pour certains enquêteurs, le site est resté fermé trop longtemps pour que des indices puissent être relevés sur place. La faute à la présence d’amiante dans le bâtiment.
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“Au moment du sinistre, il n’a pas été possible de procéder aux constats habituels à cause de cela, déclare un enquêteur bien au fait du dossier. Et c’est la police scientifique de la police nationale qui est intervenue ensuite, et non l’IRCGN (l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale). L’origine exacte du feu n’a pas pu être déterminée, faute d’investigations dans les temps.”

Les intempéries ont “nettoyé” les lieux. Quant aux recherches sur l’éventuel bornage de téléphones autour du sinistre, “elles n’ont rien donné de probant. Dans ces conditions, il était peu probable qu’une instruction soit ouverte.”
L’hypothèse la plus communément admise par les services d’enquête évoque un court-circuit ou une défaillance, deux causes liées à la vétusté des machines de Gerstube.

