March 1, 2026

Incendie de l’usine Gerstube à Vic-Fezensac : pas de piste criminelle après un an d’enquête

l’essentiel
Un an après l’incendie de l’usine Gerstube à Vic-Fezensac, l’enquête reste sans réponse. Malgré les soupçons initiaux d’un acte criminel, l’enquête préliminaire n’a pas permis d’établir l’origine de l’incendie ou de trouver des suspects.

Clémence Meyer, le procureur de la République du tribunal judiciaire d’Auch, le confirme : “Il n’a pas été ouvert d’information judiciaire” concernant l’incendie qui a ravagé l’usine Gerstube à Vic-Fezensac, le 5 avril 2025. “En l’état des investigations, l’enquête préliminaire en cours n’a pas permis d’établir le caractère criminel ou accidentel de l’incendie.”

Dans la matinée du 5 avril 2025, un violent incendie se déclare dans les locaux de Gerstube à Vic-Fezensac. 14 centres d’incendie et de secours, 90 sapeurs-pompiers et une vingtaine d’engins sont mobilisés mais l’outil de production est détruit.
Dans la matinée du 5 avril 2025, un violent incendie se déclare dans les locaux de Gerstube à Vic-Fezensac. 14 centres d’incendie et de secours, 90 sapeurs-pompiers et une vingtaine d’engins sont mobilisés mais l’outil de production est détruit.
DDM – SEBASTIEN LAPEYRERE

L’absence d’information judiciaire ne signifie pas que le dossier est classé, mais qu’aucune procédure judiciaire formelle n’a été ouverte. Les indices sérieux laissant penser qu’une infraction a été commise manquent pour justifier qu’une enquête approfondie soit menée sous la direction d’un juge d’instruction.

Impasses

Dès les premiers temps de l’enquête, la piste criminelle était considérée comme “la plus probable au vu des premières constatations”, déclarait le procureur. L’incendie de l’usine, qui a entraîné l’arrêt total de l’activité de Gerstube, a donné lieu à de nombreuses spéculations.

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“On a parlé de plusieurs départs de feu dans l’usine, confie une source policière. Les images aériennes semblaient le montrer. Pour autant, rien n’est venu confirmer cette piste.”

Le site gersois employait 70 personnes. La fin de l’activité a entraîné un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) très contesté par les salariés.
Le site gersois employait 70 personnes. La fin de l’activité a entraîné un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) très contesté par les salariés.
DDM – MC

Même conclusion concernant “des incendies qui auraient soi-disant frappé d’autres sites du groupe qui possédait l’usine de Vic-Fezensac.” Les recherches sur les deux intrus signalés dans le périmètre de l’usine par des salariés qui travaillaient de nuit, deux jours avant l’incendie, n’ont pas été plus fructueuses…

Un site détruit

Et “il est désormais impossible de trouver quoi que ce soit.” L’ancienne usine est aujourd’hui détruite.

Les bâtiments de Gerstube contenaient de l’amiante : mis sous scellés, le site n’a pas pu faire l’objet d’investigations avant plusieurs semaines. Aucun élément démontrant une responsabilité dans l’incendie n’a pu être mis en avant.
Les bâtiments de Gerstube contenaient de l’amiante : mis sous scellés, le site n’a pas pu faire l’objet d’investigations avant plusieurs semaines. Aucun élément démontrant une responsabilité dans l’incendie n’a pu être mis en avant.
DDM – MC

Les opérations de démolition de l’usine, menées depuis la fin 2025 par la société bordelaise spécialisée Avenir Deconstruction, ont été entourées de nombreuses précautions pour éviter toute dispersion des débris contenant cette matière hautement cancérogène.

Délais trop longs

Pour certains enquêteurs, le site est resté fermé trop longtemps pour que des indices puissent être relevés sur place. La faute à la présence d’amiante dans le bâtiment.

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“Au moment du sinistre, il n’a pas été possible de procéder aux constats habituels à cause de cela, déclare un enquêteur bien au fait du dossier. Et c’est la police scientifique de la police nationale qui est intervenue ensuite, et non l’IRCGN (l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale). L’origine exacte du feu n’a pas pu être déterminée, faute d’investigations dans les temps.”

Aujourd’hui, l’usine calcinée a été détruite par une entreprise bordelaise spécialisée.
Aujourd’hui, l’usine calcinée a été détruite par une entreprise bordelaise spécialisée.
DDM – MC

Les intempéries ont “nettoyé” les lieux. Quant aux recherches sur l’éventuel bornage de téléphones autour du sinistre, “elles n’ont rien donné de probant. Dans ces conditions, il était peu probable qu’une instruction soit ouverte.”

L’hypothèse la plus communément admise par les services d’enquête évoque un court-circuit ou une défaillance, deux causes liées à la vétusté des machines de Gerstube.

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