Face à la hausse des coûts des réparations automobiles, de nombreux Français optent pour des solutions alternatives. Certains réalisent eux-mêmes l’entretien de leur véhicule, économisant ainsi des centaines d’euros.
Comment faire baisser la facture ? Alors que les prix des interventions ne cessent d’augmenter dans les ateliers de mécanique et carrosserie de l’Hexagone, les Français s’y rendent de moins en moins souvent. Ce poste de dépense figure désormais parmi les plus pesants pour les foyers et le moindre imprévu peut très vite ressembler à un véritable casse-tête.
D’autant que la majorité de ces frais ne peuvent pas être reportés. Il faut donc trouver de nouvelles solutions, un système D. La Dépêche du Midi a recueilli plusieurs témoignages de lecteurs, qui racontent comment ils se débrouillent pour ne plus se rendre dans les garages.
“Je fais moi-même les entretiens”
Résidant à Auterive, près de Toulouse (Haute-Garonne), Yvan a choisi de ne plus confier ses véhicules aux professionnels, sauf cas de force majeure. “Je trouve que les prix sont devenus trop chers pour un budget de ménage classique. Je ne critique pas les garagistes, mais pour une famille qui possède deux véhicules, le coût de l’entretien devient vite exorbitant. Désormais, je fais absolument tout moi-même sur mes voitures”, avance-t-il.
Ce technicien frigoriste de 47 ans possède un mode de fonctionnement bien précis : “J’achète des véhicules d’occasion qui ont environ 150 000 km au compteur, et je les emmène jusqu’à 350 000 km. Depuis une quinzaine d’années, j’ai pris l’habitude de réaliser l’intégralité de l’entretien et des réparations sans passer par un garage. Je suis parfaitement habitué désormais”. Même son de cloche pour Michel. “Le coût d’entretien est trop cher. Étant assez bricoleur, je fais la plupart des entretiens moi-même, vidanges, changements de filtres, changements de disques et plaquettes et autres”, explique-t-il.
Cette organisation permet à ce Gersois de réaliser des économies importantes. “Pour un changement de plaquettes de frein, le garage me demandait 145 €. En le faisant par moi-même, j’en ai pour une quarantaine d’euros en prenant une grande marque. Il n’y a pas besoin d’avoir du matériel spécifique et on trouve des tutos qui expliquent très bien sur YouTube. Finalement ça m’a pris environ une heure et c’est très facile à faire”. Comme les deux Occitans, de nombreux lecteurs de La Dépêche du Midi dénoncent “des marges honteuses” et des “frais incompréhensibles”. Eux aussi ont décidé de “mettre les mains dans le cambouis” et y trouvent largement leur compte.
“Mon garagiste ? Ce sont mes amis”
D’autres, n’ayant pas ces notions, trouvent d’autres solutions, à l’image de Samuel*. Ce Lotois de 28 ans “ne va jamais au garage, car ça coûte trop cher”. Dans son viseur, les professionnels : “Dès qu’il faut changer une pièce, il faut vendre son rein, ça devient impossible à suivre”.
Sa solution ? “Je fais tout au black”, répond-il. Et par solution, il faut comprendre ses amis qui ont des notions de mécanique. “Quand ce sont des petites pièces à réparer, j’ai deux potes qui s’y connaissent bien et qui me le font”. Quid des problèmes plus importants qui peuvent toucher son modèle 508, qui affiche 250 000 km au compteur ? “Un employé d’une marque française me prend la voiture au black chez lui”. Le jeune homme réalise ainsi de substantielles économies, avec la garantie d’un travail soigné selon lui et s’estime largement gagnant.
“Ma voiture va à la casse”
Enfin, certains ne peuvent plus supporter les coûts engendrés par leur voiture et en arrivent à la conclusion qu’ils n’en posséderont plus, à l’image de Gérard. “Le catalyseur de mon C4 Grand Picasso était défectueux. Le garagiste, qui n’était pas un concessionnaire de la marque, m’a demandé 3 500 €. Là où je ne comprends pas, c’est que le prix d’un catalyseur neuf doit s’élever à 500 € maximum.”
Cet habitant de Seine-Maritime a donc pris une décision difficile mais définitive : “Je ne peux pas faire la réparation, mon véhicule ayant 355 000 km va à la casse”. Jugeant les voitures “trop chères”, il n’en achètera plus.
*Le prénom a été changé

