L’église Sainte-Quitterie de Gratentour a échappé de peu à un drame après l’effondrement d’une corniche. Une pièce de maçonnerie de quatre mètres s’est détachée, entraînant la fermeture immédiate du site. Les réactions oscillent entre soulagement et stupéfaction.
Deux jours après l’effondrement d’une corniche au sein de l’église Sainte-Quitterie, la commune de Gratentour reste sous le choc d’un drame évité de justesse. Mercredi matin, alors qu’une sacristine préparait une cérémonie d’obsèques, des employés municipaux ont fait une découverte alarmante : une pièce de maçonnerie de quatre mètres de long s’est décrochée de la structure, tombée de sept mètres de hauteur. Par mesure de sécurité, les obsèques ont été délocalisées en l’église de Bruguières.
Interrogé ce vendredi, Dominique Agosti, premier adjoint de la commune, précise : “L’effondrement a eu lieu alors que le bâtiment était inoccupé. Un drame a été évité, mais j’ai signé un arrêté de fermeture immédiate. Toutes les cérémonies sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. La mairie a sollicité un expert pour déterminer les causes de l’incident et mettre tout en œuvre pour une réouverture rapide.” Le Père Frédéric abonde dans ce sens : “Mon Dieu, nous l’avons échappé belle. J’invite les municipalités à effectuer les travaux nécessaires dans les églises avant qu’une catastrophe ne survienne.”
Un édifice millénaire fragilisé par les siècles ?
Mentionnée dès 1152 dans le cartulaire de Saint-Sernin, l’église apparaît en 1167 sous le nom de Bovilar. Elle est citée en 1538 comme annexe de Castelginest, puis pillée et brûlée par les huguenots en 1570. Une nouvelle église en briques est ordonnée en 1593 et achevée en 1596 : c’est l’édifice actuel, placé sous le patronage de Sainte Quitterie.
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Au XVIIIe siècle, elle est en mauvais état. Restaurée en 1853 par l’architecte Delor, elle connaît d’autres travaux en 1909, puis en 1972 dans l’esprit de Vatican II (vitraux et tabernacle de Régis Vialaret). De nouveaux aménagements ont lieu en 2008-2009 et la façade en brique est remise en valeur en 2011. Son clocher-mur porte cinq cloches (la plus ancienne date de 1631). Elle conserve un plafond lambrissé à l’acoustique particulière et un coffre ancien d’origine inconnue.
Sainte Quitterie, princesse wisigothe du Ve siècle, refusa un mariage païen et fut décapitée en 478 pour sa foi chrétienne.

