À 17 ans, à Kaboul, Alireza Ahmadi est devenu un héros national après avoir offert à l’Afghanistan une victoire historique en futsal face à l’Iran. Le 30 octobre, lors de la finale des Jeux asiatiques de la jeunesse à Bahreïn, Alireza Ahmadi a inscrit le but décisif face à l’Iran (2-1), offrant à l’Afghanistan sa première médaille d’or dans la compétition. Une reprise de volée limpide, au retour des vestiaires, qui a fait chavirer les tribunes et un pays tout entier.
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Malgré des interdits et la peur depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021, la victoire a déclenché des scènes rares. Musique diffusée à plein volume, vidéos partagées, foules rassemblées autour des joueurs : pendant quelques heures, la ferveur populaire a pris le pas sur la crainte. À Hérat comme à Kaboul, des milliers de supporters ont défié les mises en garde du ministère de la Promotion de la vertu pour célébrer leurs héros.
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L’exploit dépasse le simple cadre sportif. Alireza Ahmadi appartient à la minorité hazara, communauté chiite longtemps marginalisée et durement frappée par les discriminations. Exclusions des institutions, restrictions d’accès à l’aide, expulsions de terres : depuis 2021, de nombreuses organisations de défense des droits humains documentent les pressions subies par les Hazaras. Voir l’un des leurs offrir au pays un triomphe historique a résonné comme un symbole d’unité inattendu.
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Si le cricket demeure le sport roi, le futsal connaît un essor spectaculaire : on compte aujourd’hui près d’un millier de terrains couverts à travers le pays, dont la moitié à Kaboul. Dans des provinces enclavées comme le Daikundi, ces enceintes éclairées percent la nuit hivernale et deviennent des refuges pour une jeunesse en quête d’échappatoire.
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Depuis Bahreïn, le jeune prodige est devenu omniprésent : tournois locaux pris d’assaut, sollicitations médiatiques, apparition dans une publicité. Lui rêve d’Europe, tout en promettant à ses parents de poursuivre des études de médecine. En ligne de mire, les Jeux olympiques de la jeunesse au Sénégal. “Quand l’Afghanistan est uni, nous pouvons gagner”, assure-t-il. Le temps d’un but, il l’a déjà prouvé.

