Kiara Zago, la jeune deuxième ligne du Stade Toulousain, dont l’ascension a connu un premier coup d’arrêt avec une blessure à la cheville, revient progressivement avec détermination et ambition.
Si en rugby la mêlée s’apparente à une épreuve de force, la touche est revanche est un ballet. Un instant de grâce, un moment aérien demandant, à l’instar d’une chorégraphie, synchronisation parfaite et agilité des sauteurs. La deuxième ligne, Kiara Zago, excelle particulièrement dans le domaine, faut-il y voir une coïncidence ? « Avant le rugby, j’ai fait 10 années de danse classique mais honnêtement je ne m’en sers pas forcément », sourit-elle avant de compléter, « si, peut-être pour tout ce qui concerne la souplesse et le gainage qui sont importants pour bien sauter ».
La Lot-et-Garonnaise avoue ne plus être « en mesure de faire le grand écart » mais se contente très bien de ses qualités athlétiques et techniques qui font le bonheur du Stade Toulousain depuis 2023. Débarquée du SU Agen, cette fille de rugbyman est tombée petite dans la marmite ovale mais a bien failli ne pas y goûter. « Mon père n’était pas trop pour que je fasse ce sport mais depuis il a bien changé d’avis », confie celle dont le papa et l’oncle ont défendu les couleurs de Casteljaloux. « Il est bien heureux que je puisse reprendre le flambeau, c’est la tradition familiale qui perdure car même ma petite sœur s’y met avec la volonté de devenir arbitre », révèle la grande et solaire joueuse.
À l’épreuve de la blessure
Un soleil qui s’est assombri l’an passé par les nuages de la blessure. « J’ai eu une rupture des ligaments de la cheville… Il a fallu être opéré sans compter les six semaines d’immobilisation et les deux mois de rééducation », décrit-elle à propos du premier coup dur de sa jeune carrière. Auparavant, aucun problème physique et une ascension fulgurante qui l’a vu être championne de France cadette avec Agen puis signer à Toulouse et chanter la Marseillaise avec les Bleues (20 ans, 6 sélections). « Ça a été une période compliquée car j’aurais aimé pouvoir postuler pour la Coupe du monde en Angleterre, mais bon j’ai été très soutenue par mon entourage et mes coéquipières et maintenant je tâche de revenir plus forte », affirme Kiara comptant trois rencontres et un essai au compteur cette saison. Une nouvelle opération de « nettoyage » de sa cheville ainsi qu’une blessure à l’épaule ont un peu freiné sa reprise, toutefois 2026 s’annonce sous les meilleurs auspices pour l’ancienne danseuse devenue joueuse étoile.

