En faisant construire sur les hauteurs de Corronsac, dans le Lauragais, Céline et son mari pensaient réaliser leur rêve. Mais le conte de fées a tourné au cauchemar à la livraison du chantier, fin janvier. L’entreprise chargée des travaux, OC Résidences, a multiplié les non-conformités et sa villa de 90 m² est inhabitable en l’état. L’affaire pourrait finir devant les tribunaux.
“Heureusement que j’avais un expert fiable, sinon je n’aurais pas existé face à des gens menaçants qui m’ont intimidé et qui refusent de reconnaître leurs torts”… Voilà trois semaines que Céline Vivier se débat dans les affres des codes de la construction et des rapports d’huissiers pour faire entendre raison à l’entreprise OC Résidences qui a construit sa maison de 90 m² sur les hauteurs des coteaux de Corronsac, dans le Lauragais. Une villa qui s’est révélée inhabitable à la livraison.

“Quand j’ai récupéré les clefs le 27 janvier, j’ai vite compris que quelque chose n’allait pas, raconte Céline. Il y avait manifestement un gros problème d’étanchéité sur la façade”. Mais la nouvelle propriétaire n’est pas au bout de ses peines. Elle découvre qu’il y a bien plus grave. Sa maison est implantée trop haut sur son terrain de 350 m² et présente une non-conformité altimétrique mesurée de 1,25 m par rapport à ce qui était prévu dans le permis de construire. “Il y a trois mètres de terre décaissée et une pente qui rend impossible l’implantation d’une terrasse voire d’une piscine, se désole Céline. C’est l’investissement d’une vie qui part en fumée”.
39 malfaçons recensées…
Malgré ces évidences de malfaçons, attestées par l’expertise d’Arkelys et un rapport qui confirme la non-conformité au document technique unifié (DTU), la société OC Résidences, qui jouit pourtant d’une belle notoriété dans toute la région, fait la sourde oreille en déclinant toute responsabilité. ” J’ai pourtant souscrit un contrat de construction individuelle qui fixe une obligation légale de résultat et un devoir d’information de l’entrepreneur, précise Céline. Mais ils ont refusé d’inscrire mes réserves sur le procès-verbal de réception en me menaçant de ne pas me donner les clefs”.
Et des réserves, il y en a beaucoup. L’expert a recensé pas moins de 39 malfaçons. Des toilettes, aux cloisons intérieures en passant par le coulage des dalles. “Je ne peux même pas poser un parquet”, s’indigne la jeune femme. En l’état la maison est inhabitable, comme l’a constaté un huissier de justice. Face à la résistance de Céline, la société OC Résidences a quand même consenti à faire quelques efforts en revoyant notamment l’étanchéité de la façade… mais la couche de drainage a dans un premier temps été posée à l’envers. Un comble pour la propriétaire qui a reçu en prime une mise en demeure du constructeur, qui l’accuse “d’obstruction”.
Une solution amiable ou la justice
Avec sa protection judiciaire, Céline a alors retourné l’attaque à l’envoyeur pour initier une procédure à l’amiable sur le refus du constructeur d’écrire les réserves. Mais le courrier avec accusé de réception qu’elle a envoyé à OC Résidences est resté sans réponse. L’entreprise, dont le siège est à Castres, a fini par lui envoyer, ce jeudi, une équipe d’artisans avec le maître d’œuvre pour rafistoler quelques bévues et lever quelques réserves sur des finitions. Mais rien sur le problème structurel de l’implantation de la maison.
“Je n’ai que des terres non soutenues sur une hauteur de 3 mètres, je ne peux pas faire de raccordement au réseau d’eaux usées. Il faudrait au minimum réaliser un enrochement”, s’alarme Céline. Mais pour Pierre Ducamin, le président d’OC Résidences, que nous avons contacté, les travaux de la maison ont été réalisés avec 5 mois d’avance, conformément au permis de construire délivré par la mairie en se basant sur le terrain naturel au niveau de la construction. “Il y a 40 ans que l’on fait des maisons, notre réputation n’est plus à faire, si on a fait une connerie on l’assumera, assure-t-il. Notre intérêt est de trouver des solutions. Pas d’aller à une procédure judiciaire”. Pour l’heure, Céline et son mari ont d’ores et déjà mandaté un géomètre-expert, en espérant sortir au plus vite de ce cauchemar.

