February 26, 2026

REPORTAGE. Salon de l’Agriculture 2026 : "C’est catastrophique", la fréquentation du site, en baisse de 25 %

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Le couperet est tombé, la fréquentation des premiers jours de cette édition 2026 du Salon de l’Agriculture, sans bovins, est en baisse de 25 % par rapport à l’an passé. Une chute qui pèse sur les exposants.

Pas besoin de jouer des coudes pour se faufiler au plus près des stands cette année, au Salon international de l’Agriculture (SIA). Depuis le lancement de cette 62e édition, tout le monde avait l’impression que quelque chose manquait. Outre les bovins, de nombreux visiteurs manquent à l’appel cette année.

“Pour ne rien cacher aux visiteurs et pour rétablir la vérité”, les organisateurs du SIA ont tenu une conférence de presse ce mercredi 25 février. Ils ont confirmé l’impression générale : entre samedi et mardi, la fréquentation générale est en baisse de 25 %.

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Le président du SIA Jérôme Despey impute cette chute à différents facteurs : les vacances scolaires qui coïncident, pour la première fois depuis huit ans, avec les dates de la zone C (dont Paris), les conditions météorologiques qui donneraient davantage envie aux gens de profiter du soleil à l’extérieur et… l’absence de bovins. “Je l’ai dit dès le départ : c’est un regret, et c’est vrai que Hall 1, il manque quelque chose, le Salon, c’est pour beaucoup avant tout les vaches”, concède Jérôme Despey.

Valérie Leroy, la directrice du Salon, Arnaud Lemoine, le directeur du CENECA et Jérôme Despey, le président du Salon.
Valérie Leroy, la directrice du Salon, Arnaud Lemoine, le directeur du CENECA et Jérôme Despey, le président du Salon.
Photo ALC

Mais il croit au sursaut de la fin de semaine, généralement plus favorable en termes de fréquentation. Interrogé sur la rentabilité de cette 62e édition, Arnaud Lemoine, le directeur du CENACA (Centre National des Expositions et Concours Agricoles) n’a pas souhaité s’étendre, estimant “qu’on parlerait d’argent plus tard”, mais dans les allées du salon, certains exposants font déjà grise mine.

“Un carnage”

Dans le pavillon 7, le plus loin de l’entrée, où tous les stands gourmands des régions ont trouvé refuge à cause des travaux du hall 3, les allées sont clairsemées. “Ça va très mal, ça devient compliqué pour nous”, déplore Chantal Bierry, dirigeante des Macarons de Charlou (Yonne). Elle explique que, pour les exposants, le prix des stands a augmenté, si on ajoute à cela la baisse de clients, il est de plus en plus difficile pour les producteurs de rentrer dans leurs frais. “D’autant plus que les personnes qui viennent n’achètent rien…” s’inquiète la fabricante de macarons. “C’est catastrophique”, lâche-t-elle.

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Invitée du stand des Alpes-Maritimes, la championne de France des artisans confituriers, Sarah de Caqueray estime, quant à elle, que l’objectif est atteint. “Je ne cherche pas la rentabilité, je sais que je vends chez moi. Je suis venue pour des moments de partage et d’échange”, explique-t-elle.

De ce côté-là, Valérie Le Roy, la directrice du SIA reconnaît que cette année, les agriculteurs et les exposants ont le temps… Moins nombreux, les visiteurs de 2026 seront peut-être davantage satisfaits ? Une enquête sera réalisée, prochainement.

Autres perdants de cette baisse de visiteurs : les restaurants des terroirs qui tentent, tant bien que mal, d’attirer les passants sur leurs tables. Du côté de l’Alsace, on parle d’un “carnage”, et on constate certains visiteurs “aigris”.

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Un peu plus loin, un autre restaurateur, habitué des lieux, ne mâche pas ses mots : “On n’a jamais vu ça !” Et de pointer du doigt les nouveaux espaces dédiés aux régions. “Nous, nous sommes au pavillon du fond, tout en haut (au 2e étage), et après nous, c’est la sortie….

Entre deux verres de vin, servis à table, il évoque une autre cause pouvant expliquer cette baisse de fréquentation : “Il y a eu cette bagarre, très médiatisée, dimanche, ça ne donne pas vraiment envie de venir”. Pourtant, des bagarres, il y en a toujours eu, “c’est inévitable quand il y a du public et de l’alcool, mais ça peut faire peur, ma propre femme n’a pas voulu venir cette année, pourtant, on est en sécurité ici”.

Le président du Salon de l’Agriculture a également tenu à le rappeler : “C’est un événement isolé, que nous condamnons, la police est intervenue très rapidement. Il faut le dire : ‘On est en sécurité au Salon'”.

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