Avec pour objectif de renouveler leur flotte d’hélicoptères, sept pays membres de l’OTAN ont lancé un appel d’offres. Leonardo, Lockheed Martin-Sikorsky et Airbus Helicopters ont été sélectionnés. Et l’hélicoptériste européen vient de dévoiler ses deux concepts.
Pour remplacer ses quelque 700 hélicoptères NH90, Puma, Merlin ou Black Hawk qui arriveront en fin de vie opérationnelle dans les années 2030, sept pays membres de l’OTAN* ont lancé en juin 2022 le programme NGRC, pour Next Generation Rotorcraft Capability. Cette initiative vise à concevoir et à produire la prochaine génération d’hélicoptères multirôle pour les forces alliées à l’horizon 2035-2040. Le cahier des charges a fixé plusieurs exigences. Les futurs appareils devront être capables de voler vite (330 km/h) et loin (1 650 km), de transporter jusqu’à 16 soldats, et d’effectuer à la fois des missions terrestres, maritimes et de forces spéciales. Tout cela, pour un coût unitaire ne dépassant pas 35 M€.
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Mené sous l’égide de l’Agence de soutien et d’acquisition de l’OTAN (NSPA), le programme est actuellement dans sa phase d’études de concepts. Trois géants industriels ont reçu des contrats pour proposer leur projet : Leonardo, Lockheed Martin-Sikorsky et Airbus Helicopters. Les Italiens misent sur une machine très rapide dotée de rotors basculants à l’image de l’AW609. Les Américains tablent, eux, sur la maniabilité avec un hélicoptère équipé de deux rotors principaux superposés (coaxiaux) contrarotatifs et d’une hélice propulsive à l’arrière, comme le S-97 Raider ou le SB-1 Defiant.

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L’hélicoptériste européen estime pour sa part qu’une flotte composée de machines à la fois ultra-rapides et agiles serait trop coûteuse. Il propose donc en collaboration avec les sociétés RTX Collins Aerospace et Raytheon, ainsi qu’avec MBDA, deux concepts : un hélicoptère conventionnel haute performance d’une part, et un appareil à grande vitesse de l’autre. Le premier, doté d’excellentes capacités de vol stationnaire, permettrait d’effectuer des missions d’évacuation ou de dépose de troupes. Le deuxième pourrait, lui, assurer des opérations spéciales, des assauts et des interventions d’urgence.

Les deux versions seraient dotées d’un treuil, de lance-missiles, d’une mitrailleuse à l’avant et d’une perche de ravitaillement. Équipés tous deux d’un rotor principal, d’un rotor de queue classique et d’un stabilisateur à l’arrière, les appareils se ressemblent et ont un petit air de H160. Mais la version rapide, dérivée du démonstrateur Racer serait, elle, pourvue de deux petites ailes équipées chacune d’une hélice permettant à la machine de dépasser les 400 km/h, de procéder à des accélérations, des décélérations, des montées et des descentes rapides. “Les avantages des ailes et des hélices supplémentaires ont été confirmés par des essais en vol réalisés par des pilotes militaires sur le Racer”, précise la division Hélicoptères d’Airbus.
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Bien que leurs formes diffèrent, les deux appareils partagent une base commune pour réduire les coûts de développement et faciliter la formation des équipages. “Ces deux concepts constituent une base pour poursuivre les échanges avec nos partenaires militaires sur leur vision et leurs besoins pour les futures opérations militaires”, a indiqué Bruno Even, le patron d’Airbus Helicopters.
Fin 2027, la NSPA devra choisir entre Leonardo, Lockheed Martin-Sikorsky et Airbus Helicopters. Le lancement officiel du développement et de la production des prototypes est, lui, prévu en 2030 pour une entrée en service à l’horizon 2035-2040.

