La suppression potentielle d’un poste d’enseignant au RPI de Saint-Paul – Flaugnac inquiète familles et élus. Prévue pour 2026, cette décision s’inscrit dans un contexte de baisse démographique. Les parents redoutent une dégradation des conditions d’apprentissage.
La possible suppression d’un poste d’enseignant au sein du regroupement pédagogique intercommunal (RPI) de Saint-Paul-Flaugnac suscite l’inquiétude des familles et des élus locaux. La décision, qui concernerait la rentrée 2026-2027, s’inscrit dans le cadre de la préparation de la carte scolaire par la Direction académique des services de l’Éducation nationale (Dasen).
Une hypothèse “avancée” dans un contexte de baisse démographique
Interrogée sur le sujet, Sophie Sarraute, Dasen dans le Lot, confirme qu’il s’agit à ce stade d’une hypothèse “avancée”, qui sera examinée lors d’un groupe de travail le 23 mars, puis débattue en instance début avril. Le département doit rendre sept postes à l’échelle académique, ce qui implique des retraits dans certaines écoles.
Le RPI de Saint-Paul-Flaugnac fait partie des trois structures aux effectifs les plus bas du département. À la rentrée 2025, il compte 67 élèves répartis sur deux sites, soit environ 16,5 élèves par classe. En 2026, ils ne seraient plus que 61. La baisse des effectifs est au cœur des arbitrages : 300 élèves de moins sont attendus dans le premier degré à la rentrée prochaine. Depuis 2017, le département a perdu 1 500 élèves.

Avec un retrait de poste, la moyenne passerait à environ 20 élèves par classe. “Nous resterions dans la moyenne départementale, qui est de 19,5, et largement sous les préconisations nationales fixées à 24 élèves par classe”, souligne la Dasen, qui assure faire “totalement confiance aux équipes” habituées au multiniveau en milieu rural.
Les parents redoutent une dégradation des conditions d’apprentissage
Les parents d’élèves ne partagent pas cette analyse. Ils expriment leur “vive inquiétude” face à la perspective de classes à trois niveaux et d’une hausse des effectifs. Selon eux, cette réorganisation “réduirait le temps d’attention individualisée, compromettrait l’inclusion des élèves à besoins particuliers et fragiliserait la prévention des difficultés scolaires.” Ils mettent en avant les résultats actuels, un climat scolaire apaisé et des projets pédagogiques dynamiques, avec sorties et voyages réguliers qu’ils ne veulent pas voir perturbés”.
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Les familles rappellent également que les écoles disposent de bâtiments récents et d’un ALAE (Accueil de loisirs associé à l’école) actif, ainsi que d’une association de parents d’élèves fortement mobilisée pour financer du matériel et des activités.
Un investissement communal conséquent
Michel Resseguié, défend lui aussi le maintien du poste. La commune a investi près de 1,5 million d’euros ces dernières années pour moderniser les écoles, avec une maternelle récente et des équipements de qualité.
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“Plus d’élèves dans une classe, avec trois niveaux mélangés, ce sera forcément moins qualitatif”, estime l’édile, qui reconnaît toutefois que “les chiffres ne sont pas en notre faveur” dans un contexte de baisse des naissances et de ralentissement des constructions de logements.
Si la Dasen assure qu’une fermeture de poste n’entraînerait pas automatiquement la suppression d’ATSEM (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles), relevant de la commune, le débat reste vif. Les parents comme le maire espèrent encore infléchir la décision avant son officialisation en avril.

