February 25, 2026

Frappé par la tempête et le désastre, le château Massamier rebondit

l’essentiel
Emmanuelle et Frantz Vènes, du Château Massamier la Mignarde à Pépieux, dans le Minervois, ont pâti d’immenses dégâts lors du passage de la tempête Nils le 12 février dernier. Au-delà de la catastrophe, l’après-tempête se profile, avec, en toile de fond, la réflexion sur l’abandon de la monoculture.

En achetant du vin du Château Massamier La Mignarde, les amateurs éclairés avaient conscience qu’ils participaient à la restauration du patrimoine de ce magnifique domaine situé à Pépieux dans le Minervois. Car le château du XVIIIe siècle et ses dépendances, ferme, cave, bergerie, hangars et resserre, est entouré d’un parc aux multiples essences, dont un jardin à l’anglaise. Une chapelle, un lavoir, une serre enrichissent ce patrimoine, témoignage de la splendeur agricole audoise du XIXe siècle.

Mais aujourd’hui après avoir encaissé coup sur coup une inondation, la foudre et la tempête Nils, le château est dans la difficulté.

Et plus que jamais, la vente du vin s’avère cruciale pour colmater les brèches. Une vente exceptionnelle pendant 48 heures, les 25 et 26 février, offre l’opportunité d’acheter toutes les cuvées, à 50 % de réduction, dont la prestigieuse Domus Maximus, dont le millésime 2000 avait été élu meilleur vin du monde au Wine Challenge International de Londres en 2005. Pour cela il faut indiquer le code promo pour la boutique NILS50 sur le site du château massamier-la-mignarde.com/

Un cèdre centenaire s’abat sur le château

Sitôt franchies les grilles de l’entrée majestueuse, l’élan est stoppé net par un énorme cèdre barrant l’allée menant au château. L’imposante bâtisse est debout, un pan du toit éventré par un cèdre centenaire. “Des amis m’avaient assuré que les cèdres ne tombaient pas ! Ma fille était dans la maison lorsqu’elle l’a vu vaciller et tomber vers nous. Elle est profondément choquée”.

Miraculeusement, personne n’est blessé, mais les dommages sont immenses. 500 pins déracinés jonchent le sol, barrant les accès au vignoble. Les pins d’Alep entourant les parcelles sont tombés sur les souches, les coupant net. Le toit de la cave est éventré par un arbre. mais les chênes et les oliviers, symbole de résilience, sont debout. Et dans les vignes, les arbres plantés ont tous défié la tempête. À Massamier la Mignarde, où on croit dur comme fer à l’agroforesterie, la centaine d’essences d’arbres différentes, plantée dans les parcelles a survécu aux éléments déchaînés.

“À chaque pied de vigne, je plante un arbre. Et là, il y a eu des dégâts dans les vignes. Beaucoup de dégâts. À 95 %, les arbres touchés sont des pins d’Alep, puis des pins parasols, des cèdres et des cyprès, des résineux qui n’ont pas résisté” détaille Frantz Vènes.

Redessiner le paysage audois

L’agroforesterie, pratique culturale fondamentale du domaine n’est pas du tout remise en cause : “En fait, la fragilité, c’est la monoculture, qu’elle soit viticole, agricole ou forestière. Il est temps de passer de la performance, (le culte du rendement, de l’industrialisation de l’agriculture), à la robustesse, issue de la diversité”. Et si pour lui, il y a une leçon à tirer de cette tempête, c’est la nécessité d’opter pour la diversité. “Il faut empêcher le pin d’Alep de continuer à coloniser nos forêts. Cela demande un accompagnement humain, parce que si on ne fait rien, il recolonise”. Au domaine, sitôt passée l’urgence, la réflexion va cheminer dans les esprits : comment repartir ? Que planter, à la fois dans le parc et dans les forêts ? “Il faut des forêts diverses, des forêts nourricières. Quand on va se projeter dans un an, on s’apercevra qu’il fallait vraiment un électrochoc pour qu’il y ait, dans la conscience collective, l’abandon du pin d’Alep”

Solidarité spontanée

Frantz Vènes est très touché par l’élan de solidarité né après la tempête : “Des familles de l’école, des pompiers, des gendarmes, le sénateur Pla, des clients du monde entier, se sont manifestés. Des amis sont immédiatement venus de toute la France pour m’épauler, indique, ému, le propriétaire, en désignant au loin un homme occupé avec une tronçonneuse : Paul, un ami de longue date nous aide à dégager les arbres, et il met à profit sa compétence de commercial pour monter l’opération de vente flash avec nous ! Un ami architecte a prêté main-forte avec son drone, pour montrer l’ampleur des dégâts aux assureurs. Un cousin a lancé une cagnotte en ligne. Nous étions privés d’eau et d’électricité, et les sœurs du monastère d’Azille nous ont hébergés, avec tellement de chaleur… Nous sommes profondément reconnaissants.”

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