Reportage
A une poignée de kilomètres de la ligne de front, dans la « zone de la mort », le rédacteur en chef Vassyl Savych continue de livrer, chaque semaine, au risque de sa vie, son hebdomadaire en ukrainien. Un lien précieux avec l’extérieur pour les habitants restés sur place depuis l’invasion à grande échelle de 2022, et une façon de lutter contre la propagande russe.
Pour aller plus loin
Zolochiv, nord-est de l’Ukraine. En ce matin de novembre, un brouillard épais enveloppe une bande d’asphalte déformée qui s’étire vers la frontière russe. Les rares voitures croisées filent vers le sud, à l’opposé du front. Myroshnyk Vassyl Savych, lui, s’enfonce vers le nord. A l’arrière du véhicule, une cargaison inattendue – rien qui puisse sauver une vie ; rien qui ne puisse en ôter une : des exemplaires de « Zorya Visnyk » (« le Bulletin de l’aube »), l’hebdomadaire local que Vassyl, son rédacteur en chef, distribue lui-même dans les villages de première ligne. Le canard ne lui rapporte plus rien. Mais pour les habitants qui n’ont pas fui, il s’agit parfois de la seule information fiable de la semaine. Une motivation qui, pour l’homme de 65 ans, l’emporte sur le risque mortel de rouler par ici.
Au-dessus du toit de la voiture, des filets tendus s’affaissent entre des poteaux de bois. Dérisoire protection contre les attaques incessantes de drones. « Je travaille là où l’on tue tout ce qui bouge », résume Vassyl, les yeux bleus perçant rivés sur la route. Hors de question, pourtant, de porte…
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