Avec 7 500 jurés, dont un tiers de professionnels seulement, le Concours général agricole évalue des produits variés durant le SIA. Les vins du Sud-Ouest ont été parmi les premiers jugés. Une parenthèse plus sérieuse que l’ambiance légère et festive du salon.
La course aux médailles n’affole pas que les sportifs. D’autres breloques, tout aussi prestigieuses que les olympiques, sourient aux producteurs français. Celles du Concours général agricole, cette sélection qui se tient sur un pavillon dédié du salon international de l’agriculture. Sa particularité ? Être un concours ouvert fondé sur un panel large, avec pas moins de 7 500 jurés dont un tiers de professionnels et deux-tiers de consommateurs.
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Immersion avec ces femmes et ces hommes qui ont prêté leur expertise pour juger des Vins du Sud-Ouest. Aussi, avant de devenir juré faut-il témoigner de ses motivations, de son degré de connaissance des produits concernés mais aussi de l’absence de liens avec ces derniers pour limiter toute connivence. Plusieurs sessions de formation sont proposées en amont du grand jour. Pour les vins du Sud-Ouest, le rendez-vous était fixé à la chambre d’agriculture des Pyrénées-Atlantiques. L’occasion pour les professionnels de l’INAO et des Vins du Sud-Ouest de présenter dans les grandes lignes toute la diversité de cette région viticole, courant du Pays Basque et des Landes jusqu’en Aveyron, avec autant de cépages et des vins rouges, blancs secs comme doux et même rosés. “L’idée n’est pas de faire de ces jurés des spécialistes mais d’éclairer leur connaissance des vins tout en leur donnant une première approche de dégustation.”
Une journée de formation que certains ont prolongé un mois plus tard avec la présélection des vins au lycée hôtelier de Morlaas. Un premier tri où un tiers des bouteilles présentées (du madiran, du pacherenc, du jurançon mais aussi de l’irouléguy, du saint-mont…) ont été recalées pour le voyage à Paris, trois semaines plus tard.

Porte de Versailles, si chacun a fait part de ses préférences de dégustation, c’est à l’arrivée à sa table que l’on découvre l’appellation qu’on devra juger, sur près de 40 représentées. Pour Mariana, Parisienne originaire du Brésil, ce sera le comté Tolosan. “Je fais juré au concours des vins au CGA depuis cinq ans. C’est prenant qu’on écoute ainsi les consommateurs. Je suis venue avec des amis. On aime bien le vin mais cette IGP, je ne connaissais pas. On verra.”
Pas d’inquiétude toutefois, des spécialistes renseignent chaque table avant la dégustation sur la typicité des vins qu’ils vont devoir étalonner. Ils précisent aussi le nombre de médailles maximal à distribuer en fonction du nombre de bouteilles (de 9 à 18 par table), que le modérateur, désigné en amont par l’organisation, devra synthétiser. “Ce n’est pas facile, avoue Mathieu, Haut-Pyrénéen venu tester le rôle de juré avec des amis et désigné modérateur pour le Madiran. Nous qui avons grandi avec ces vins, on cherche de la puissance, des arômes particuliers, des vins qui ont une certaine profondeur. Et là, autour de moi, les gens privilégiaient des vins plus frais, sur le fruit, léger ou facile à boire. Donc on essaie de se convaincre les uns les autres, de s’harmoniser, comme une bonne bouteille en fait !” Des fioles qui arboreront les médailles glanées Porte de Versailles dans les prochaines semaines.

Demain place à la charcuterie et aux autres produits, avant que les animaux ne défilent, eux, devant le regard de professionnels.

