Dans le cadre de rencontres avec les coiffeurs d’Agen et de ses alentours, on s’installe chez Chill Art pour prendre le temps d’échanger avec celles qui tiennent la maison.
Alexandra Testut se présente. “Je suis née à Agen, j’ai commencé la coiffure à 16 ans en apprentissage. J’ai fait mon CAP, mon BP, puis j’ai tourné dans plusieurs salons pour voir ce qu’il se faisait.” Elle travaille longtemps pour une patronne qui possédait plusieurs adresses avant de reprendre ce salon avec sa collègue Déborah Lacapère. “On avait déjà été transférées ici avec nos clientes. Quand elle a vendu, c’était logique pour nous de continuer. Depuis, on développe à notre façon.”
La décoration existait déjà, elles ont simplement ajouté leurs touches. “On a rechangé de tapisserie, ramené une bibliothèque, changé des choses pour que ça nous ressemble.” L’outil de travail, lui, reste central. “Il y avait une bonne base, du bon matériel, ça compte.”
Balayages, patines et rendez-vous de plusieurs heures
Leur spécialité, ce sont les techniques longues. “On adore le balayage. On travaille avec des doubles voire triple patines pour des résultats très francs et naturels.” Les clientes sont prévenues. “Minimum quatre heures. Parfois six. Ça peut prendre la journée.” Le principe est clair. “On ne pousse pas à revenir toutes les six semaines. Que la cliente revienne surtout par envie et pas que par besoin.”
Elles misent aussi sur des produits plus doux et sur la formation. “Maintenant qu’on est patronnes, on choisit nos formations. On cherche des techniques un peu différentes des autres salons.” Cette approche crée leur différence. “Je pense que si ton salon propose autre chose, tu trouves ta place.”
La clientèle les suit depuis longtemps. “J’ai des clientes depuis le début de ma carrière, elles m’ont suivie partout.” Les hommes, d’abord secondaires, sont de plus en plus nombreux. “On ne voulait pas spécialement développer, mais au final ils sont là. Ils reviennent, donc on s’adapte.”
Des horaires pensés pour la vraie vie
L’organisation reflète leur quotidien. “On ouvre le lundi, on ferme le mercredi pour nos familles. Le jeudi et le vendredi on travaille jusqu’à 20 heures pour ceux qui ne veulent pas venir le week-end. Le samedi on finit à 14 heures.” Une demi-heure vide est gardée en fin de journée. “Pour ne pas sortir en retard.”
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À deux, la charge reste tenable. “Toute seule, ça serait compliqué. Là on s’aide.” Un apprenti termine sa formation, un recrutement est envisagé. “On réfléchit à embaucher une ancienne collègue et sûrement un nouvel apprenti.” Malgré la gestion, le plaisir reste intact. “J’aime faire un peu de tout. Le balayage, les soins, les transformations. Je détesterais ne faire que de la coupe toute la journée.”
Décembre reste un moment fort. “Noël, c’est le mois où ça tourne le plus.” Pour se faire connaître, pas de recette miracle. “Les réseaux un peu, mais surtout le bouche à oreille.” Chez Chill Art, pas de grands discours, seulement du temps passé sur chaque tête et des clientes qui reviennent. “Pour l’instant, on est bien. On continue d’avancer comme ça.”

