La réouverture de l’abattoir suscite débat et espoir. La Communauté de communes soutient le projet, mais refuse d’être le seul acteur public impliqué. L’exemple de Rostrenen inspire, mais la volonté politique reste cruciale.
Lors du dernier conseil communautaire, le président Jacques Brune a soumis au vote une motion concernant l’abattoir de Bagnères-de-Bigorre et son éventuelle réouverture par l’association de préfiguration.
Le document rappelle que « la gestion de l’abattoir reste inscrite dans les statuts de la Communauté de communes dans le cadre d’une mise à disposition par la Ville de Bagnères-de-Bigorre », et que les études cofinancées par la CCHB et le Département (CD65), portées par l’Association de préfiguration, ont bien été transmises.
La Communauté souligne toutefois la fragilité du modèle économique présenté, pointant notamment des prévisions de tonnage jugées optimistes ainsi qu’une sous-évaluation des déficits de démarrage.
Elle affirme néanmoins sa volonté d’accompagner la reprise de l’activité d’abattage via une structure public-privé, tout en refusant d’être la seule entité publique engagée dans le projet. Les élus insistent sur l’importance de maintenir une filière ovine départementale afin de consolider l’ensemble des filières d’élevage locales.
Enfin, il est rappelé que le soutien de l’État à l’investissement reste conditionné à la garantie d’une exploitation stabilisée, tant sur le plan organisationnel que financier.
La motion a été votée à la quasi-unanimité, seul François Roux a voté contre.
Un modèle inspirant : l’exemple de Rostrenen
Après cette première étape institutionnelle, l’association a organisé en fin de semaine une réunion publique afin de franchir un nouveau cap vers la réouverture de l’outil.
À cette occasion, Pierre-Yves Evain, président de l’abattoir de Rostrenen, est venu présenter l’expérience bretonne. Repris en 2015 sous la forme d’une SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif), l’établissement fonctionne en partenariat avec les éleveurs, les bouchers et la communauté de communes.
« Aujourd’hui, nous traitons 800 tonnes multi-espèces par an avec une équipe de 10 salariés et une bonne santé économique », a-t-il expliqué. Dans ce modèle, les collectivités supportent l’investissement et participent au fonctionnement à hauteur de 60 000 euros par an, tandis que les éleveurs et bouchers assurent la gestion. Un schéma qui fait écho au projet bagnérais.
Une volonté politique attendue
Samuel Marguet, éleveur à Astugue et coprésident de l’association de préfiguration, a ensuite détaillé le projet en Haute-Bigorre :
« Il y a beaucoup de similitudes avec l’abattoir de Rostrenen : même contexte, même dimensionnement économique, même forme juridique. Aujourd’hui, il y a simplement besoin d’une volonté politique de la CCHB pour que le projet se concrétise, en partenariat avec d’autres communautés de communes. »
Les échanges avec le public ont été nourris. Questions, débats et discussions ont permis d’éclairer plusieurs points du dossier. Malgré les interrogations, les porteurs de projet se montrent confiants et optimistes :
« L’année 2026 est un tournant pour l’abattoir de Bagnères. Tout est prêt pour permettre sa réouverture avec un modèle financièrement soutenable et utile au territoire, en coopération et complémentarité avec l’abattoir de Tarbes. L’attente est forte vis-à-vis des futurs élus de la CCHB, qui auront les clés pour concrétiser le projet. »
La création de la SCIC et l’élaboration d’une délégation de service public (DSP) constituent désormais les prochaines étapes, sous réserve que les conditions politiques et financières soient réunies après les élections.

