February 17, 2026

Imbroglio administratif dans ce quartier de Toulouse : le transfert des derniers pharmaciens de la dalle suspendu aux recours de la métropole

l’essentiel
Dernier commerce de la dalle Abbal en cours de démolition, la pharmacie de la Reynerie aurait dû intégrer la nouvelle maison de santé du quartier en septembre 2025. Ses titulaires pointent “les erreurs” de Toulouse Métropole Habitat qui ont retardé son déménagement.

Autour d’eux, les autres commerçants ont baissé leur rideau depuis longtemps. Les pharmaciens de la place Abbal sont les derniers à rester ouverts malgré les coups de pelleteuse qui grignotent la dalle en cours de démolition dans le cadre du projet de renouvellement urbain de la Reynerie. Ces professionnels de santé auraient dû quitter les lieux l’année dernière pour intégrer la nouvelle maison de santé du quartier, située en face de leur actuelle officine. Mais ils ne pensent pas pouvoir déménager avant la fin de l’année en raison, explique l’un des deux pharmaciens, Eric Goutay, d’”erreurs administratives” de Toulouse Métropole Habitat, maître d’ouvrage de la maison de santé.

Pharmacien depuis vingt ans à la Reynerie, Eric Goutay (à droite sur la photo) a dû retarder son installation dans la nouvelle maison de santé du quartier.
Pharmacien depuis vingt ans à la Reynerie, Eric Goutay (à droite sur la photo) a dû retarder son installation dans la nouvelle maison de santé du quartier.
J.D.

Acté dans le cadre d’un accord signé en juin 2024 avec le promoteur immobilier et la Métropole, le départ des deux pharmaciens est remis en cause une première fois en octobre 2024 lorsque l’Agence régionale de santé, chargée d’examiner leur dossier de transfert d’un lieu à l’autre, leur refuse l’autorisation. “L’ARS a pointé le fait que la maison de santé n’intégrait pas de local commercial et que donc l’espace prévu pour la pharmacie n’était pas conforme sur le plan administratif. J’ai aussitôt alerté TMH pour demander un permis modificatif incluant la destination d’un local commercial au rez-de-chaussée. Ce permis modificatif a été déposé par TMH début décembre 2024, accepté en février 2025 mais il a fallu attendre que tous les recours soient purgés. On avait déjà perdu six mois”, raconte Eric Goutay.

Débord sur l’espace public

La colère du pharmacien monte d’un cran en septembre 2025, lorsqu’il se rend compte, juste avant l’inauguration de la maison de santé, que trois façades de son futur local ne sont pas conformes au permis de construire. “Je me suis aperçu que les coffres des volets roulants débordent sur l’espace public. J’ai aussitôt contacté la mairie et TMH en leur suggérant de contester la déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux (DAACT) de la maison de santé et de déposer un nouveau permis modificatif. On m’a fait comprendre que cela risquait de nuire à l’image de marque de TMH”, témoigne Eric Goutay.

L’imbroglio administratif semble se dénouer quand Toulouse Métropole Habitat dépose en décembre 2025 une déclaration préalable pour régler la question des coffres de volets roulants et le 20 janvier, une nouvelle déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux. “J’étais d’accord pour signer une promesse de vente avec des conditions suspensives sur les points restant à régler, notamment l’occupation de l’espace public, mais je n’ai pas eu de réponse de TMH. Je dois donc attendre jusqu’au 20 juillet que les recours soient purgés, pour acheter le nouveau local. Je ne pourrai donc pas ouvrir avant la fin de l’année, soit avec quinze à dix-huit mois de retard”, déplore le pharmacien de 64 ans, installé depuis vingt ans à la Reynerie.

De son côté, Toulouse Métropole Habitat explique que “rien n’empêche le pharmacien de signer un engagement notarial et de programmer” son déménagement dans la maison de santé où une vingtaine de professionnels sont déjà installés. Niant toute erreur, le promoteur assure que tous ses services et ceux de la métropole sont “en phase sur tous les aspects techniques et administratifs nécessaires au bon fonctionnement de cette maison de santé”. TMH va même jusqu’à se demander s’il “ne devrait pas désormais se tourner vers un autre professionnel compte tenu des frais financiers de portage […] à supporter pour un local vide sur lequel il n’y a aucun engagement juridique”.

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