À Préchac (Gers), l’installation d’une antenne 4G suscite l’opposition d’un collectif d’habitants. Ils dénoncent son emplacement et un manque de communication municipale, tandis que les acteurs du projet défendent un choix technique encadré.
Pétition, recours gracieux… Depuis quelques mois, le projet d’installation d’une antenne 4G quatre opérateurs sur le territoire de Préchac soulève des oppositions de la part des habitants. Un collectif citoyen a été créé et conteste l’implantation de cette antenne-relais de 36 mètres par la société SFR dans le bois de Laplace.
“On n’est pas là pour mettre le bazar ! On n’est pas contre l’installation d’une antenne, qui pourrait réduire les zones blanches dans le village, assure Cécile Foudral, à l’initiative du collectif. Mais les zones blanches sont plutôt situées à l’ouest du village et du côté de Réjaumont. Pourquoi, dans ce cas, mettre une antenne là où on capte le mieux ?”
Pour cette habitante, ainsi que Jean-Charles Foudral, “d’autres lieux couvriraient mieux. Il faut nous montrer que cette antenne doit absolument être placée ici.” Au-delà de la question de la couverture, les membres du collectif déplorent le déboisement de 50 m² “alors que d’autres points hauts de la commune permettant de préserver l’environnement n’ont pas été étudiés.”
Manque de communication
Ce que dénoncent également les opposants, c’est le manque d’information de la part de la mairie de Préchac. “On a découvert le projet quand on a vu les panneaux du permis de construire, assure Cécile Foudral. On a demandé une réunion publique, mais rien n’a été fait.” Alors, le couple a décidé d’organiser lui-même une réunion d’information, à laquelle ont participé des membres du conseil municipal. Une pétition a aussi été proposée à la signature. Cécile Foudral a également fait du porte-à-porte : “On a recueilli une soixantaine de signatures au total. Et la plupart des gens ont participé en raison du manque d’informations, pas parce qu’ils sont contre le projet.” Une rencontre avec les différents acteurs du projet et les opposants a enfin eu lieu, récemment, à la sous-préfecture de Condom.
Un manque de communication que reconnaît le maire de Préchac, Pierre Pellefigue. “On aurait peut-être dû faire une réunion mais le projet a été voté par le conseil municipal”, rappelle le premier édile. “Il est vrai que nous n’avons pas communiqué largement mais nous avons pris cette décision tous ensemble.” Quant à la position de l’antenne, dans le bois de Laplace, “elle sera moins visible que sur d’autres territoires et se situe sur un terrain public”.
New Deal
Deux arguments pris en compte lors du choix d’un terrain dans ce genre de projet, l’un des derniers mis en place dans le cadre du New Deal dans le Gers. Ce dispositif visant à supprimer les zones blanches a été créé par l’État en 2018 : il veut permettre l’amélioration des couvertures à des endroits où les opérateurs ne l’auraient jamais fait d’eux-mêmes, par manque de rentabilité. “Les élus font remonter des zones qui manquent encore de couverture et Gers Numérique réalise un travail neutre d’identification, en réalisant des milliers de relevés”, explique Romain Gabrielli, directeur du syndicat mixte qui fait l’intermédiaire entre les différents acteurs. “L’objectif, ensuite, est de travailler avec les opérateurs pour installer un pylône qui couvre le plus de points identifiés.” Dans le département, 55 antennes ont été installées grâce à ce dispositif.
Celle de Préchac sera l’une des dernières mises en place dans ce cadre-là. “Nous avions identifié cinq points plus problématiques quant à la couverture de la zone Préchac – Réjaumont, poursuit Romain Gabrielli. Les opérateurs nous ont indiqué que trois de ces cinq points pourraient être couverts par un seul site.”
Le choix du site
Pour l’emplacement, les opérateurs ont cherché, comme dans chaque projet, “un point haut qui ne soit pas trop éloigné des réseaux, notamment routiers, pour les travaux et la maintenance”, indique le directeur de Gers Numérique. Un site sur le domaine public ou appartenant à une collectivité est toujours privilégié. “On évite aussi de placer le pylône près d’un cimetière ou d’une habitation, ajoute Romain Gabrielli. Une fois que l’on regarde tout ça, les emplacements sont peu nombreux. Parfois, il y en a un ou deux.” Pour finir, les opérateurs font une étude de couverture avec des drones. Si un emplacement passe tous les filtres, c’est là que sera installée l’antenne.
Et c’est ce qui, selon le directeur de Gers Numérique, a défini le bois de Laplace comme le meilleur lieu pour cette future antenne, dont les travaux pourraient démarrer dès la fin du mois de février.

