February 16, 2026

Le cri d’alarme de 21 familles privées de transport scolaire depuis la démission d’une conductrice dans ce petit village des Pyrénées, "Certains de nos enfants sont déscolarisés"

l’essentiel
La suspension du transport scolaire à Alzen plonge 21 familles dans l’incertitude. La démission inattendue de la conductrice a laissé les élèves sans solution. La Région Occitanie promet une réponse rapide face à cette crise.

À Alzen, petit village de l’Ariège, la rentrée a viré au casse-tête pour 21 familles. Depuis le vendredi 6 février dernier, le car qui relie la commune au collège et au lycée de Foix ne circule plus. En cause : la démission soudaine de la conductrice affectée à la ligne. Une interruption brutale qui laisse des élèves sans solution et des parents désemparés.

“Certains de nos enfants sont déscolarisés depuis une semaine faute de transport”, déplore Mme Escoll, mère d’un collégien en classe de cinquième. Comme tous les jeunes du village scolarisés à Foix, son fils emprunte habituellement le même bus, matin et soir. Un trajet d’environ 25 minutes, indispensable dans cette commune rurale dépourvue d’établissement du second degré.

Une interruption brutale et mal anticipée

La veille, la conductrice aurait informé les élèves qu’elle cesserait son activité dès le lendemain. Les parents, surpris, contactent aussitôt les services compétents. “On nous a répondu qu’il n’y avait pas de problème et que le bus passerait normalement”, raconte Mme Escoll. Vendredi matin, pourtant, aucun car ne s’arrête au point de ramassage.

Ce n’est qu’à 16 h 30, une demi-heure avant la sortie des classes, qu’un SMS du transporteur annonce officiellement la suspension de la ligne “jusqu’à nouvel ordre”. Depuis, les familles multiplient les appels auprès de la Région Occitanie, responsable des transports scolaires via le réseau liO. “Les informations sont arrivées au compte-goutte. On a surtout eu le sentiment de ne pas être entendus”, confie la mère de famille.

Mardi 10 février, un message annonçant finalement une reprise du service a brièvement redonné espoir aux parents. Deux heures plus tard, c’est la douche froide. Un nouveau SMS informait finalement de son annulation. Selon les éléments transmis aux familles, le conducteur pressenti n’a pas confirmé sa prise de poste et les réorganisations envisagées sur d’autres lignes n’ont pas abouti.

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Des solutions de fortune et une inquiétude qui grandit

En attendant, chacun improvise. Quelques parents s’organisent en covoiturage, notamment pour permettre aux lycéens de passer leurs épreuves de bac blanc. Mais tous ne peuvent s’adapter. Mme Escoll travaille à Saint-Girons : “Cela représente 25 minutes de route matin et soir. Je ne peux pas faire l’aller-retour jusqu’à Foix en plus de mon travail.” Pour certaines familles, l’éloignement géographique et les contraintes professionnelles rendent toute alternative quasi impossible.

Au-delà de l’urgence, c’est l’absence de visibilité qui inquiète. “Ce qu’on regrette surtout, c’est le manque d’explications et l’impression que rien n’a été anticipé. On aurait aimé au moins une solution partielle, même provisoire”, souligne-t-elle. La crainte est désormais que la situation s’enlise, alors que les vacances scolaires approchent.

Image d’illustration.
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DDM – MVP.

Sollicitée, la Région confirme la démission “subite” de la conductrice. Elle évoque un contexte de forte pénurie de chauffeurs en Ariège, avec un taux de postes vacants de 8,8 % — soit 19 postes non pourvus — contre 6,1 % en moyenne régionale. Une situation qui fragilise l’ensemble des lignes scolaires.

La collectivité précise avoir lancé en ce début d’année une campagne de recrutement de près de 300 conducteurs sur l’ensemble du territoire. Elle s’engage à financer à 100 % la formation des personnes en reconversion ou des demandeurs d’emploi, en partenariat avec les organisations professionnelles du secteur et France Travail. Plus de 6 000 conducteurs assurent aujourd’hui près de 5 000 services scolaires et 300 lignes régulières en Occitanie, permettant le transport gratuit de quelque 170 000 élèves chaque année.

“Consciente du désagrément occasionné pour les familles, la Région, en lien étroit avec son transporteur, la mairie d’Alzen et les parents concernés, met tout en œuvre pour trouver une solution rapide et durable”, indique-t-elle.

À Alzen, les parents attendent désormais une date claire de reprise. Car dans ce territoire rural, le car scolaire n’est pas un simple service : il conditionne l’accès même à l’école.

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