February 15, 2026

"On s’entend bien, on se complète aussi" : Julie et Maxime Barrère poursuivent la saga familiale au domaine de Bazin

l’essentiel
Julie et Maxime Barrère ont repris en 2024 le domaine viticole de Bazin, à Mansencôme dans le Gers, ancienne propriété de leur illustre grand-père. Un pari osé dans un contexte difficile, qu’ils relèvent avec une audace et un optimisme à toute épreuve.

C’est une belle histoire de famille et de transmission qui résiste aux changements du climat et des habitudes de consommation. Maxime Barrère et sa cousine germaine Julie ont décidé de reprendre le flambeau familial au domaine de Bazin, à Mansencôme, dont ils sont aujourd’hui les exploitants.

Les deux trentenaires perpétuent ainsi l’aventure commencée par leur grand-père Gérard Barrère, figure de la viticulture gersoise du XXe siècle, qui fut notamment le premier dans le département à s’équiper d’une machine à vendanger. Son nom rayonne toujours au-delà des frontières, le groupe Barrère SA étant solidement implanté en Amérique du Sud. Encore fallait-il le perpétuer là où tout a commencé, chose faite depuis 2024 par le biais de Julie et Maxime.

“On a grandi ensemble”

Rien ne prédestinait pourtant les deux cousins à unir un jour leurs talents au service du vin, si ce n’est un lien familial très fort. “Je suis fille unique. J’avais mes cousins à côté. On a grandi ensemble”, rappelle la première nommée avec le sourire.

Le domaine de Bazin s’étend sur une surface de 70 hectares, auxquels s’ajoutent 20 hectares dédiés au travail à façon.
Le domaine de Bazin s’étend sur une surface de 70 hectares, auxquels s’ajoutent 20 hectares dédiés au travail à façon.
DDM – VCL

Après avoir grandi tous les deux dans le fief familial, à Mansencôme, Julie et Maxime ont vu leurs chemins se séparer à l’heure de construire leur vie d’adulte. Tourné vers la forêt durant son adolescence, Maxime (30 ans) s’est très vite pris de passion pour la viticulture : “Chaque été, je travaillais à la ferme pour gagner un peu d’argent. Au fur et à mesure, je me suis dit : c’est ça mon métier, je veux être agriculteur-viticulteur.”

Salarié pendant 12 ans au domaine de Bazin, où il s’occupait de l’exploitation aux côtés de son oncle Étienne, le père de Julie, c’est donc en toute logique que Maxime a repris les rênes de l’entreprise familiale. Pour sa cousine, la vocation a mis plus de temps à se dessiner.

“On s’entend bien, on se complète aussi”

Julie, 34 ans aujourd’hui, s’est tournée dans un premier temps vers le commerce et a quitté le Gers pour rejoindre Pau, où elle a notamment travaillé pour Total et Teréga. “J’avais une bonne place en tant qu’économiste mais je me suis dit : je ne me vois pas faire ça toute ma vie”, indique-t-elle.

La trentenaire est donc revenue dans le Gers en 2021 avec son compagnon, convaincue au fil des réunions familiales que son avenir devait s’écrire au milieu des vignes. Avec, très vite, l’envie de se lancer dans la vinification. “Je me suis dit : pourquoi pas aller jusqu’à la bouteille ? Ce serait bien de valoriser le produit jusqu’au bout.”

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Le projet a mûri pendant trois ans. Le temps pour Julie de s’initier à la viticulture, via un BTS en alternance et une solide expérience acquise au domaine Chiroulet. Le temps aussi pour Maxime de restructurer le vignoble et de rénover entièrement le chai, du sol au plafond. Installés en 2024 au prix d’un investissement de 300 000 euros, les deux cousins ont également dû apprendre à accorder leurs violons. “On s’entend bien, on se complète aussi”, dit Julie. “Elle sur la partie commerce, moi sur la partie production”, complète Maxime.

Quand les vues divergent, les deux cousins savent aussi trouver le bon compromis, comme lors de la recherche du nouveau logo du domaine. “Maxime est quelqu’un de très tradi, je suis un peu plus artiste. La graphiste a été hyper patiente avec nous”, rigole Julie.

Le domaine propose aujourd’hui quatre vins : un blanc sec, un rosé, un rouge et un blanc moelleux.
Le domaine propose aujourd’hui quatre vins : un blanc sec, un rosé, un rouge et un blanc moelleux.
DDM – VCL

Cette symbiose leur permet aujourd’hui de gérer un domaine de 70 hectares et de revendiquer une production de 10 000 bouteilles pour la première année. Elle leur donne aussi les moyens d’affronter les épreuves qui en découlent, à commencer par les caprices du ciel, la grêle ayant durement frappé le vignoble l’an dernier. “On a perdu environ 30 à 40 hectares. C’est un coup dur”, témoigne Maxime, conscient que les difficultés ne se limitent pas aux aléas climatiques. “C’est une crise viticole, on est dans le dur.”

“Des bons retours”

Il en faut plus pour entamer l’ambition des deux cousins, déterminés à faire grandir l’exploitation. “On a rempli l’objectif de la première année, maintenant il faut assurer la seconde année et progresser. On a un objectif : atteindre 50 000 bouteilles en 5 ans”, lance Maxime. À ses côtés, Julie y croit dur comme fer : “On a des bons retours sur les vins, sur l’étiquette, c’est vachement encourageant”.

Audacieux et volontaires, Julie et Maxime avancent ainsi vers l’avenir avec l’optimisme en bandoulière, déterminés à faire vivre l’héritage de leur grand-père.

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