La tempête Nils a ravagé la ferme maraîchère bio “Les Pas Possibles” à Léguevin. Une serre de 7 000 euros a été détruite, bloquant la route. Malgré les pertes, Marguerite Pierron garde espoir et envisage la reconstruction.
À Léguevin, à l’ouest de Toulouse, la tempête Nils a laissé derrière elle un paysage de désolation. La ferme maraîchère bio “Les Pas Possibles”, installée route de Fonsorbes, a été durement touchée dans la nuit. Une grande serre a été emportée et arrachée par les rafales, avant de finir couchée au milieu de la route, bloquant totalement la circulation.
“Un cauchemar… Oui, pour de vrai, c’était un cauchemar…”, confie Marguerite Pierron, fondatrice de la ferme, qui a partagé sa détresse sur les réseaux sociaux. Il est 6 h 15 lorsque son téléphone sonne. À l’autre bout du fil, un inconnu l’alerte : un “bout de serre” se trouve sur la chaussée. “Je saute dans la voiture, la boule au ventre, le cœur serré”, raconte-t-elle. Cinq minutes de trajet qui lui paraissent interminables. Sous des rafales dépassant les 100 km/h, la vision est apocalyptique : la totalité de la grande serre a franchi les clôtures et bloque la route.
La serre détruite avait à peine une année
Avec les pompiers, rapidement dépêchés sur place, et l’aide d’un voisin agriculteur venu avec son tractopelle, la structure est découpée puis dégagée. “On ne pouvait rien faire d’autre”, souffle-t-elle. Au lever du jour, l’ampleur des dégâts se précise : deuxième serre pliée, puits et système de filtration endommagés, clôtures arrachées, cultures abîmées. Fraises, pommes de terre nouvelles, carottes, épinards… une récolte entière est perdue.
La serre détruite, âgée d’un an, avait coûté 7 000 euros. Elle avait pu être financée grâce à une aide régionale qui ne pourra pas être sollicitée à nouveau. “C’est une calamité agricole, comme on dit dans notre métier”, confie l’exploitante, encore très émue. Avec Cécile, sa salariée, qui devait prochainement s’associer, le choc est profond. “Nous allions fêter les cinq ans de la ferme le 15 mars. C’est un vrai coup dur.”
Beaucoup de messages de soutien
Marguerite Pierron regrette également des prévisions météorologiques jugées sous-estimées. “On nous annonçait 110 km/h. Nous avons dépassé les 125 km/h. Si nous l’avions su, nous aurions pu couper les bâches et sauver la structure.” Malgré tout, la maraîchère veut croire en des jours meilleurs. “Aujourd’hui, on prend une grande inspiration et on redémarre. On sait pourquoi on fait ce métier.”
Depuis 24 heures, les messages de soutien affluent. Certains proposent une aide financière. “Pour l’instant, je n’arrive pas à me projeter là-dedans, mais on rebondira.” Seule éclaircie dans ce tableau sombre : le poulailler, et ses occupantes, sont indemnes.
Reste désormais à nettoyer, réparer et reconstruire. “Ça va être long, mais on va y arriver”, assure-t-elle, la voix encore marquée par l’émotion.

