February 13, 2026

"On ne peut pas pénaliser le sport féminin": les conditions d’attribution d’aides aux clubs font débat en Tarn-et-Garonne

l’essentiel
Le conseil départemental de Tarn-et-Garonne, qui votait son budget primitif 2026 ce jeudi 12 février, a décidé de modifier ses règles d’attribution de subvention aux équipes évoluant à un haut niveau. Mais attention à ce que ça ne se fasse pas au détriment de l’essor du sport féminin, alerte Jean-Michel Baylet. L’élu valencien a animé un débat fort intéressant.

La joute verbale sur la politique sportive du département n’a pas manqué de relief ce jeudi 12 février 2026, dans l’hémicycle du conseil départemental de Tarn-et-Garonne où les élus étaient réunis pour la session du budget primitif.

Il a suffi que Dominique Sardeing propose une modification dans l’annexe du règlement d’attribution des subventions dans la grille des associations à haut niveau de championnat pour que Jean-Michel Baylet relève la mêlée, en tout bien tout honneur.

On sait qu’en 2025, le conseil départemental a réduit de 15 % son enveloppe de subventions aux associations sportives. Un vote de l’Assemblée départementale en date du 13 février 2025 stipule que “chaque association peut présenter une seule équipe à la plus haute catégorie de championnat pour l’intégrer à la grille équipes de haut niveau et qu’en conséquence “seule une équipe féminine ou une équipe masculine par association de niveau senior est subventionnée”.

Les conséquences de ce changement n’avaient pas fait débat il y a un an… mais Jean-Michel Baylet a réveillé l’assemblée. “À chaque fois, ce sont les équipes féminines qui vont morfler. Ce n’est pas totalement dans notre vision des choses sur l’égalité hommes/femmes.” En effet, à part au Montauban FC/TG où l’équipe féminine évolue à un niveau supérieur à celui de l’équipe fanion hommes, partout ailleurs, en particulier dans les clubs de rugby du département, les équipes masculines évoluent à un niveau supérieur à celui des féminines. “On a une enveloppe qui n’est pas extensible. Effectivement, le sport féminin se développe. On verse 27 563 euros à un club évoluant en Fédérale 2. Si on veut donner la même chose aux clubs de Fédérale 2 féminine, il va falloir réduire nos montants”, lance Cédric Vaissières.

“Là, on est dans la folie. Si c’est ça, je dis aux féminines de Valence de se séparer des Suricates, alors que cette entente avec Castelsarrasin et Moissac marche très bien. On ne peut pas, par les temps qui courent, pénaliser le sport féminin. Ce n’est pas une bonne politique. Il faut continuer à aider et le masculin et le féminin”, argumente Jean-Michel Baylet.

“Je partage tout à fait votre avis. Ce changement de règles de subventions peut remettre en cause certaines organisations. Il y a déjà des clubs qui y réfléchissent”, déclare Clarisse Heulland.

Il faudrait trouver un moyen pour que le sport féminin ne soit plus la variable d’ajustement (Valérie Rabault).

Ghislain Descazeaux entre lui aussi sur le terrain et s’adresse à Michel Weill : “On ne va pas mettre en difficulté des clubs féminins qui doivent parfois se déplacer très loin en France pour leurs compétitions.”

Dominique Sardeing, dans les cordes, essaie de contre-attaquer : “Cela fait deux ans que c’est instauré et les choses se passent plutôt bien. Rien n’est figé et je pense qu’il ne faut pas se focaliser sur le rugby.” La Montéchoise indique même que “les Suricates du MCV n’ont jamais déposé de demande de subvention au Département”. “Eh bien, je vais leur dire de le faire”, rétorque Jean-Michel Baylet.

En visio depuis Paris, Valérie Rabault, elle, trouve “la remarque de Jean-Michel Baylet plus que pertinente. Il faudrait trouver un moyen pour que le sport féminin ne soit plus la variable d’ajustement”. “Bon, on en fait quoi de tout ça ?”, siffle l’arbitre Michel Weill. La délibération, qui ne portait sur la baisse du montant de la subvention pour le Top 14 (1) et pour deux catégories de cyclisme, a quand même été votée. Mais le sujet s’invitera à nouveau dans l’hémicycle, n’en doutons pas.

(1) La montée en Top 14 de l’USM rugby en juin 2025 impacte davantage
la société anonyme sportive professionnelle (SASP) que l’association USM. C’est ce qui a conduit le conseil départemental à faire passer le montant de la subvention “Top 14” de 220 290 € en 2025 à 160 181 € à partir de 2026.

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