Rich Ruohonen est entré dans l’histoire en devenant, ce mardi 12 février, l’athlète américain le plus âgé de l’histoire à concourir aux Jeux olympiques d’hiver. Une consécration pour ce personnage très engagé, qui partage sa vie entre les patinoires et les salles d’audience.
Cela faisait trente ans qu’il attendait ce moment. Trente ans qu’il pensait que ce rêve un petit peu fou allait lui filer entre les doigts. Mais tout vient à point à qui sait attendre. Membre de la sélection américaine de curling, Rich Ruohonen a réalisé ses débuts olympiques ce mardi, à l’âge de 54 ans, en marge du tour préliminaire contre la Suisse. Et même si la réussite n’a pas été au rendez-vous (défaite 3-8), le Minnésotain peut savourer tant il revient de loin.
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Le curling dans la peau
Richard Ruohonen n’a que 10 ans lorsqu’il découvre pour la première fois le curling, à l’école, en 1981. C’est ainsi que débute sa carrière de curleur longue comme le bras. Pendant près de quatre décennies, l’homme foule la glace et se forge un palmarès qui force le respect. Double champion national en 2008 et 2018, il amasse neuf médailles aux États-Unis (deux en or, six en argent et trois en bronze) et représente même sa patrie lors de deux championnats du monde.
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Seule ombre au tableau : son absence permanente aux Jeux Olympiques. Une anomalie qui n’en est plus une puisque cet hiver, Ruohonen s’est donc qualifié pour la première fois de sa carrière pour Milan-Cortina. Mais avant de se faire remarquer pour sa technique de balayage, l’Américain a aussi montré qu’il n’avait pas sa langue dans sa poche.
Rich Ruohonen of Team USA Men’s Curling is proud to represent the United States and wanted to make a statement of his own before the press conference ended about what is happening in Minnesota/US. Ruohonen says he’s speaking as an attorney with 28 years of experience. pic.twitter.com/hpdl5lscTq
— Justin Surrency (@JustinSurrency) February 10, 2026
Mardi 10 février, il s’est effectivement attardé sur la situation de son pays lors d’une conférence de presse. “Je suis fier d’être ici pour représenter l’équipe des États-Unis et notre pays. Mais nous manquerions à notre devoir si nous n’évoquions pas au moins la situation au Minnesota et les difficultés que traversent toutes les personnes concernées”, estime celui qui est originaire de Brooklyn Park, non loin de Minneapolis, où des agents de l’ICE ont abattu deux civils. “Nous avons une Constitution qui nous garantit la liberté de la presse, la liberté d’expression […]. Or, ce qui se passe au Minnesota est inacceptable. Il n’y a pas d’ambiguïté”, s’est-il indigné.
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Une position qui rejoint celle de Gus Kenworthy, le Britannique qui avait écrit “Fuck ICE” avec son urine, et celle de Hunter Hess, récemment qualifié par le président Donald Trump de “loser”.
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“Je suis absent du bureau, je participe aux Jeux olympiques”
Car si Rich Ruohonen se sent à l’aise pour parler de la Constitution, c’est tout simplement parce qu’il est aussi… avocat. Spécialisé dans les préjudices corporels, le nouveau chouchou du public des JO mène depuis de nombreuses années une double carrière de sportif de haut niveau et de ténor du barreau. La preuve : il a été six fois sacré “avocat de l’année” par le Minnesota Lawyer et affiche un taux de réussite aux procès supérieur à 80 %. En 2001, il avait par exemple défendu un autre joueur de curling, Jason Larway, victime d’un micmac arbitraire entre le Comité olympique américain et la Fédération américaine de curling.
Avant son départ pour les Alpes, Ruohonen n’a pas perdu son ironie. Comme le rapporte le Wall Street Journal, l’associé du cabinet TSR Injury Law a programmé une réponse automatique par mail adressée à ses clients indiquant : “Je suis absent du bureau, je participe aux Jeux olympiques”. Il devra préciser, à son retour, qu’il n’a pas fait l’aller-retour pour rien.

