La liste des dégâts causés par le passage de la tempête Nils s’allonge dans le Gers. Un éleveur a vu son bâtiment d’élevage s’effondrer sur son troupeau à Peyrusse-Grande. Il déplore déjà six animaux morts.
C’est une journée cauchemardesque vécue par Frédéric Dor ce jeudi 12 février. La tempête Nils a dévasté la bergerie de cet éleveur ovin et caprin, installé à Peyrusse-Grande, dans le Gers.
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Plusieurs centaines d’animaux (dont 189 brebis et une centaine d’agneaux) étaient abrités dans la nuit de mercredi à jeudi sous un tunnel de 12 mètres de long et 9 mètres de large avant que la tempête ne vienne tout emporter sur leur passage. “Tous les arceaux ont volé. Quand le tunnel s’est écroulé suite aux rafales de vent, ça a écrasé toutes les bêtes”, témoigne l’éleveur de 38 ans, incrédule.
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Le bilan est lourd : “Il y a quatre agneaux morts, un cinquième est en train de mourir car je n’ai plus d’électricité et je ne peux pas le chauffer. J’ai aussi un bélier mort et une brebis morte”, liste Frédéric Dor. Sur le plan matériel, l’éleveur chiffre déjà le montant des dégâts à près de 9 000 euros. “Les tôles ont continué de s’envoler après le passage de la tempête. C’est même parti de l’autre côté de la route. C’est une catastrophe”, déplore-t-il.
“Je n’en peux plus”
Cette calamité climatique est d’autant plus dure à vivre pour l’éleveur et son associé qu’ils avaient déjà connu bien des difficultés peu après leur installation, en mai dernier, Frédéric Dor étant auparavant basé en Gironde. “Quand on est arrivé là, on a eu une grosse attaque de chiens errants sur le troupeau. On a perdu 150 bêtes. Là, on en a fait rentrer 300 et ça repart à la débandade. Je n’en peux plus”, soupire-t-il.

Dans son malheur, Frédéric Dor a pu recevoir le soutien du monde agricole, à commencer par celui de la Coordination Rurale du Gers. Le syndicat s’est mobilisé pour trouver rapidement un abri pour ses bêtes par le biais d’un autre éleveur. “Il me propose un bâtiment en dur. C’est très gentil de sa part mais malheureusement, il n’y a pas d’herbe autour. Si je ne peux pas nourrir les bêtes, ça va être compliqué. Mais son soutien est déjà formidable”, remercie Frédéric Dor.
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La Chambre d’agriculture doit également prendre contact avec lui pour proposer une aide d’urgence. En attendant, Frédéric Dor dit craindre pour ses animaux. “Ils sont sous ce qui reste de tôle et dans la boue qu’on n’arrive pas à évacuer, parce qu’on est sur un sol argileux. On est dans une situation précaire, il faut que les choses bougent”, conclut-il. Le message est lancé.

