À Argelès-Gazost, le Bar Tabac du Lavedan fait partie du paysage depuis une quarantaine d’années. Un lieu familier, presque institutionnel, qui a vu défiler générations d’habitants et de visiteurs. Depuis tout juste vingt ans, Christine Bazi et son mari Jean-François en tiennent les rênes. Un choix qui, au départ, n’avait rien d’une évidence.
Une reprise inattendue
Christine n’était pas destinée à reprendre l’affaire familiale. Comptable dans un lycée agricole, elle avait également travaillé en saison à Lourdes et à Argelès. Son mari, de son côté, multipliait les activités : salarié chez Mitjavila, maçon, veilleur de nuit, exploitant agricole avec un troupeau de moutons après l’acquisition d’une ferme à Arras-en-Lavedan… Autant dire que le couple ne manquait pas d’occupations.
« Au départ, on ne voulait surtout pas le reprendre », confient-ils. Mais faute d’acheteur pour les parents de Christine, ils se donnent dix ans pour essayer. Vingt ans plus tard, ils sont toujours là et ne regrettent rien.
En deux décennies, le quartier a changé, et le bar aussi. La vitrine a été rénovée à deux reprises. En 2013, le couple introduit les jeux de Française des Jeux, absents à l’époque où les parents étaient aux commandes.
Aujourd’hui, l’établissement assure également le dépôt de journaux pour La Dépêche du Midi et la Nouvelle République. Christine se dit même « la plus ancienne dans le coin ». Leur quotidien est intense : près de 12 heures de travail par jour, presque toute la semaine. Le bar est ouvert tous les jours, sauf le mercredi après-midi, et le dimanche à partir de 17 heures.
Comme si cela ne suffisait pas, ils ont également repris en gérance le snack du Sailhet, ajoutant une nouvelle corde à leur arc, cette fois côté restauration. Entre leurs deux activités, Christine et Jean-François ont aussi élevé deux enfants. S’ils donnent volontiers un coup de main, ils ne semblent pas prêts à reprendre l’affaire. « Quand on est enfants de commerçants, on n’a pas le choix, on l’a tous fait. Ils nous aident quand ils le peuvent mais aucun des deux ne veut prendre la suite », sourit Christine.
Le goût du contact et de l’engagement
Ce qui motive Christine avant tout, c’est le lien humain. Ayant grandi dans le milieu, ses parents tenaient aussi un bar hôtel restaurant, elle a toujours baigné dans cette ambiance : “J’aime le contact avec les gens, il y a les habitués et même les touristes qui le deviennent
Très investie dans la vie locale, elle a également créé l’animation Muchas Bandas qui se déroule aujourd’hui à Pierrefitte.
Vingt ans après avoir franchi le pas, Christine et Jean-François continuent d’accueillir clients fidèles et touristes avec le sourire. Un anniversaire qu’ils partagent avec tous ceux qui poussent la porte de ce lieu chaleureux, une bonne raison d’aller leur rendre visite.

