Réunis ce mercredi 11 février à Saint-Gaudens, les salariés de Fibre Excellence espéraient des avancées après une nouvelle rencontre à Paris avec le Comité interministériel de restructuration industrielle. Ils devront encore patienter, dans un climat d’incertitude qui dure.
Les salariés de Fibre Excellence espéraient une bonne nouvelle. La bonne nouvelle, c’est déjà qu’ils n’en ont pas eu de mauvaise. Ce mercredi 11 février était une date attendue pour les personnels de la plus importante industrie du Comminges, menacée de liquidation depuis quelques semaines.

À Paris, les représentants syndicaux des usines de Saint-Gaudens et de Tarascon (Bouches-du-Rhône) participaient à une troisième réunion avec le Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI). Pendant ce temps, à Saint-Gaudens, une nouvelle mobilisation s’est déroulée à l’entrée de la ville, sur le rond-point de l’autoroute. Les salariés se sont organisés pour assurer la continuité de l’activité pendant que certains étaient en grève. Plusieurs employés d’autres entreprises du Comminges sont venus leur apporter leur soutien.
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“On est dans l’incertitude totale, mais on va continuer à se battre pour notre entreprise et notre région”, assure Benjamin Sost, agent de maintenance électrique depuis 2007 à l’usine. Pour Yannick Garcia, opérateur ligne de fibre, l’enjeu dépasse la seule usine : “La cellulose dans le Comminges, c’est comme le Capitole pour Toulouse. Elle a toujours été là, elle fait vivre tout le territoire.”
Nouvelle échéance
Le coup de fil est arrivé de Paris peu après midi. Nicolas Bruel, l’un des deux représentants du personnel de Saint-Gaudens conviés aux discussions, apporte les dernières nouvelles. “On va vous décevoir un peu, il n’en est pas sorti grand-chose”, prévient-il d’emblée. “Les négociations se poursuivent, notamment sur l’approvisionnement en bois, les quotas de CO2 et la question de l’électricité bien sûr.”
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Une nouvelle échéance a toutefois été annoncée. “La semaine prochaine il y aura un arbitrage politique à Matignon. Ensuite, le gouvernement se tournera vers l’actionnaire pour discuter”, annonce Nicolas Bruel, appelant à maintenir la mobilisation : “Surtout il ne faut rien lâcher, il faut continuer nos actions et rester solidaires.”
Des retours décevants pour les salariés, qui restent suspendus aux annonces de leur direction et du gouvernement. “Moralement, on va encore serrer les dents”, souffle Sébastien Sansonetto, opérateur régénération.
“Malheureusement ils nous tiennent le bec dans l’eau”, regrette Grégory Fantuzzo. En 22 ans de carrière à l’usine, ce contremaître en régénération a vu passer d’autres crises. “La cellulose a toujours connu des hauts et des bas. Quand on a eu le chômage partiel en octobre, on pensait que ça allait repartir comme en 2009, mais on voit bien que c’est différent.”
En attendant la prochaine réunion avec le CIRI fixée au jeudi 26 février, une nouvelle manifestation de soutien est prévue samedi 14 février à 14 h à Saint-Gaudens.

