Le hockey sur glace est bouleversé par la série “Heated Rivalry”, qui explore une romance gay entre deux joueurs. Ce succès viral attire un nouveau public LGBTQ vers le sport. Pourtant, la NHL reste hésitante face aux enjeux sociaux.
Le hockey sur glace a débuté ce mercredi 4 février aux Jeux olympiques de Milan-Cortina, mais aujourd’hui c’est une série qui attire tous les regards. Heated Rivalry, romance gay entre deux hockeyeurs, un Canadien et un Russe, connaît un succès fulgurant depuis sa sortie le 28 novembre en Amérique du Nord et arrive en France vendredi 6 février.
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Inspirée des romans Game Changers de Rachel Reid, la série raconte une relation secrète dans un milieu marqué par des normes masculines fortes. Elle a surtout suscité un nouvel intérêt pour le hockey auprès du public LGBTQ. “J’ai l’impression que ce sont plus des gens de la communauté LGBTQ qui ont pris goût à la série et qui ont développé une certaine curiosité pour le hockey. C’est devenu un phénomène viral, beaucoup de gens vont voir un match de NHL (ligue américaine) pour la première fois de leur vie”, observe Guillaume Lepage pour France Info, journaliste spécialisé de la NHL au Québec.
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La série met en lumière la difficulté de faire son coming out dans un sport où la cohésion du groupe est centrale. “Au hockey, la notion d’équipe, de famille est très importante. Si un joueur fait son coming out, il y aura des répercussions sur le groupe”, analyse Guillaume Lepage.
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Ce récit a aussi libéré la parole d’anciens joueurs. L’Américain Jesse Kortuem, ex-hockeyeur de haut niveau, a vécu une crise de panique en découvrant le premier épisode, avant de témoigner publiquement sur son passé et d’entrer en contact avec de jeunes joueurs, des parents et même des joueurs de NHL homosexuels en secret. “J’ai fait mon coming out à 24 ans. Mais personne n’a jamais su que j’étais, plus jeune, en relation secrète avec un autre joueur. La crise de panique, c’est parce que j’ai pensé que cette personne avait vendu notre histoire. Tout ce que j’avais enfoui a explosé. Est-ce que je m’apprêtais à la voir révélée ?”, dévoile-t-il à franceinfo.
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Face à ce succès, la réaction de la NHL reste mesurée. “Ce phénomène continue d’attirer de nouveaux fans vers le hockey… Nous souhaitons la bienvenue à tous les fans”, a déclaré Jon Weinstein, responsable des communications. Mais les engagements concrets demeurent limités. Depuis 2023, plusieurs joueurs refusent de participer aux Pride Nights, affaiblissant leur portée symbolique. “Ne plus voir les joueurs s’afficher avec des couleurs de l’arc-en-ciel, ça enlève toute l’importance”, regrette Guillaume Lepage.
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Pour Matt Kenny, ancien joueur canadien, la Ligue manque une opportunité sociale et économique majeure. “La NHL peut très facilement faire bouger les choses pour plus de protection. Mais elle choisit activement de ne pas le faire”, affirme-t-il. Selon lui, la nouvelle génération de joueurs est pourtant plus ouverte, mais un coming out massif reste peu probable à court terme.
“Après avoir vu la série, tu peux développer une certaine empathie. Mais je ne suis pas prêt à dire que demain, il va y avoir deux ou trois joueurs qui vont faire leur coming out”, conclut Guillaume Lepage.

