February 6, 2026

"Pigeons" et blanchiment d’argent : polémique dans le marché de l’art toulousain après le tacle du commissaire-priseur Marc Labarbe

l’essentiel
Accusations de blanchiment d’argent, “pigeons” et prix artificiels : le milieu de l’art toulousain s’est dit choqué par les déclarations incendiaires du commissaire-priseur Marc Labarbe. Entre la colère des marchands de tableaux et le rappel à l’ordre du syndicat national (Symev) sur les contrôles Tracfin, la polémique fissure le monde feutré des enchères et des galeries.

À la suite de l’interview du Marc Labarbe, parue dans nos colonnes le 1er février 2026, plusieurs membres du marché de l’art ont tenu à réagir. Dans le cadre d’un dossier sur les artistes toulousains les plus côtés, le commissaire-priseur, qui fait par ailleurs partie de l’équipe de l’émission TV “Affaire conclue”, sur France 2, a tenu des propos qui ont “choqué”, voire “blessé” des membres de la profession, qu’ils soient commissaires-priseurs ou galeristes. En déclarant que “c’est la vente aux enchères publiques qui crée la cote, pas les galeries”, il a précisé : “Les galeristes créent un prix artificiel, ils veulent gagner leur vie et convaincre les acheteurs de faire un placement. Ils cherchent des pigeons, à qui ils vendent du mensonge.”

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André Serventi, marchand de tableaux et antiquaire à Toulouse, a contacté La Dépêche du Midi après avoir reçu “une quinzaine d’appels de clients choqués”. “Nous, les marchands de tableaux, on ne cherche pas des pigeons, on cherche des clients. C’est nous qui achetons 80 % des œuvres dans les ventes aux enchères, avance-t-il. Nous les revendons avec une plus-value mais nos clients ne sont pas lésés car la cote est vérifiable sur Artprice.” Il déplore que “les commissaires-priseurs puissent balancer ainsi sur leurs confrères”.

“Les ventes aux enchères génèrent de l’argent sale”

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Dans le même article, Me Labarbe déclare aussi qu'”il y a beaucoup de spéculations” dans le marché de l’art : “Malheureusement, les ventes aux enchères publiques génèrent aussi de l’argent sale. On blanchit de l’argent à coups de millions d’euros dans les grandes maisons parisiennes.” Jean-Pierre Osenat, le président du Symev (Syndicat national des maisons de vente volontaires) lui a adressé un courrier, dont nous avons eu copie, dans lequel il affirme que ces propos “vont à l’encontre du travail que nous menons en véhiculant des accusations particulièrement graves”. “Le Symev travaille depuis de nombreuses années en étroite collaboration avec Tracfin et les Douanes en matière de LCB-FT (lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme) afin d’une part, de porter à la connaissance de ces entités les spécificités de notre profession et d’autre part, d’accompagner les commissaires-priseurs dans leur mise en conformité”, ajoute-t-il.

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