Après 11 mois d’absence, le demi de mêlée toulousain (29 ans) a signé un retour probant pour sa 60e sélection sous le maillot frappé du coq, parfait dans la gestion du match et toujours prompt à mettre ses partenaires dans les meilleures dispositions.
Le patron est de retour. Il avait mis son aventure bleue en pause la tête basse et en boitant bas, il y a près de 11 mois, meurtri par un déblayage irlandais sur la pelouse de l’Aviva Stadium de Dublin. La page est définitivement tournée, même s’il avait assuré avant le Tournoi ne pas voir dans le rendez-vous d’hier une revanche. “C’est vrai que lorsque nous avons retravaillé les images du match de l’année dernière, ça n’évoque évidemment pas que de bons souvenirs. Mais je l’ai déjà dit, c’était un accident de jeu, rien de volontaire, réitérait-il la veille du match. Ça aurait pu arriver sur n’importe quel match et c’est simplement tombé contre l’Irlande. Ça n’a en rien modifié ma préparation. J’ai surtout envie de faire un gros match et de commencer ce tournoi par une victoire, ce qui est toujours très important pour la suite.”
Sa vista décisive sur deux essais
Promesse tenue ! Et de quelle manière, au sein d’un collectif qui a roulé sur un XV du Trèfle bien décevant une heure durant. Sous le crachin de Saint-Denis, le capitaine des Bleus a surtout fait preuve de sobriété pour s’adapter aux conditions délicates. C’est ainsi qu’il a d’abord soulagé les siens en empêchant les Verts de s’installer dans le camp français grâce à son jeu au pied. Pied droit (1), pied gauche après un retour en catastrophe de Thomas Ramos (9) devant Tommy O’Brien, “Toto” a fait du “Toto”, variant sa partition avec quelques chandelles de pression bien senties (2, 15) mais aussi des par-dessus qui n’ont pas trouvé de prolongement (12).
Après avoir mis une vingtaine de minutes à prendre le pouls du match, distribuant surtout autour de lui, il a mis la marche avant et le pied sur l’accélérateur, combinant avec Julien Marchand sur une touche avant de jouer rapidement une pénalité en suivant permettant aux Tricolores de mettre la pression dans les “22” adverses (20). La mêlée à cinq mètres qui en découlait donnait un premier aperçu de la connexion tant attendue avec Matthieu Jalibert, avec lequel il était associé pour la 13e fois sous le maillot frappé du coq. Portant le ballon juste ce qu’il faut, Dupont trouvait l’ouvreur bordelais dans le bon espace et le bon timing pour le premier break de la partie (12-0, 22).
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Un peu plus menaçant autour des rucks mais bien chassé par les coéquipiers de Caelan Doris, notamment lors des lancements sur touche. À l’affût pour défendre un fermé, il avait lui aussi l’occasion de jouer des épaules et par là même de recroiser son bourreau dublinois de l’Aviva, Tadhg Beirne, qu’il quittera après quelques tapes au sol dont on ne peut affirmer à 100 % qu’elles étaient amicales (30). Cherchant sans doute son second souffle, il s’est montré un poil moins juste dans ses orientations avant la pause, avec un fermé mal négocié (32) et un par-dessus non suivi (40).
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Le quart d’heure de repos passé par là, le demi de mêlée a retrouvé ses standards, actif au soutien (42) et toujours prompt à faire étalage de son sens du jeu. Comme avec ce petit coup de patte dans le dos de la défense irlandaise qui amenait le doublé de Louis Bielle-Biarrey (29-0). Précieux en défense avec un retour sur Garry Ringrose dans un moment de flottement (52) et un contre-ruck magistral sur son vis-à-vis Jamison Gibson-Park (57), il échappait de peu au carton jaune sur un en-avant volontaire (61), comme quinze jours plus tôt face à Pau en Top 14. Un peu émoussé mais toujours présent au cœur de la révolte irlandaise malgré un dégagement direct (65), il marquait son retour dans la maison bleue de deux occupations parfaites depuis ses “22 ” (70, 74). Il pouvait alors céder sa place à Baptiste Serin (74), acclamé par un Stade de France tout heureux d’avoir retrouvé le boss, tête haute et bien fringant.

