Un Lidl flambant neuf construit l’été dernier n’ouvre toujours pas ses portes. Les produits (secs) qui apparaissaient jusque-là dans les rayons ont disparu. Le dossier semble pour le moins sensible. Explications.
À en croire la levée de boucliers rencontrée, on a cru toucher du doigt à une affaire d’État. Alors qu’il ne s’agit « que » d’un magasin de discount alimentaire. En Tarn-et-Garonne, beaucoup d’administrés montalbanais se demandent quand le Lidl flambant neuf, construit l’été dernier à Albasud, va ouvrir ses portes. Lorsqu’on tape les mots-clés « Lidl » et « Montauban », c’est d’ailleurs la première interrogation qui remonte sur Google. Avenue de l’Europe, tout y est – ou presque : un parking tout de béton vêtu qui promet plus de 100 places, des caisses allumées, des néons en marche. Sauf que les rayons sont désormais vides, que des grilles barrent l’accès aux stationnements et qu’il n’y a pas la moindre trace d’un salarié à l’horizon.
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« C’est la mairie qui bloque, il doit y avoir de la jalousie de la part de certains concurrents », croit savoir un client du Aldi tout proche. Et qui n’attend qu’une chose : acheter de l’outillage Parkside, sous-marque de Lidl. Il faut dire que comme Aldi, Carrefour et Grand Frais ont déjà le droit de cité. Mais la municipalité, sollicitée plusieurs fois à ce sujet, répond encore et en chœur un laconique : « Dossier en cours ». À Lidl France, la chargée de communication a rappelé très, très rapidement. Pour ne rien dire. « Aucun nouvel élément n’est à communiquer. »
En réalité, le géant allemand du discount alimentaire n’a pas requis d’autorisation d’exploitation commerciale. En effet, la commission départementale d’aménagement commercial (CDAC), qui doit statuer sur les ouvertures de magasins de plus de 1 000 m2, n’a pas été sollicitée sur ce dossier.
« Lidl a déposé un recours gracieux auprès de l’Etat qui est en cours d’instruction. Ce type de magasin doit, selon notre point de vue au regard de son environnement, solliciter une autorisation d’exploitation commerciale. C’est sur ce point que porte le recours gracieux, Lidl considérant qu’il n’en relève pas », explique la préfecture de Tarn-et-Garonne. « Dans la mesure où nous sommes en phase de recours gracieux, nous réservons notre analyse au porteur de projet », poursuivent les services de l’État.
Un précédent à Castelsarrasin
Selon toute vraisemblance, il s’agit a minima d’un problème de surface. Peut-être de celle du stock qui n’aurait pas été déclarée comme la loi le prévoit. Il est d’ailleurs intéressant de noter que le nouveau Aldi, qui a déménagé sur la parcelle contiguë au magasin existant en juillet dernier, mesure précisément 999 m2.
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Mais revenons à nos moutons. « Lidl n’a pas tenu ses engagements », nous confirme-t-on. En l’état, le dossier est désormais dans les mains de la commission nationale d’aménagement commercial (CNAC). Cette dernière dispose d’un délai de 4 mois à compter de la réception du recours pour émettre un avis ou rendre une décision qui se substitue à celle de la commission départementale. Rappelons qu’en 2020 et 2021, pour déménager et agrandir son magasin de Castelsarrasin, Lidl a réussi à contourner un avis défavorable de la CNAC en jouant sur ce fameux seuil des 1 000 m2.

