Six enfants, dont cinq qui évoluent actuellement dans les différentes équipes du Sporting, deux frères qui entraînent l’équipe première et l’équipe réserve, la famille Heymans est partout à Saint-Girons. Une belle et riche histoire.
Et si le Saint-Girons Sporting-Club était rebaptisé le Heymans Sporting-Club ? La boutade fait beaucoup rire les intéressés. Entre les parents et pères (Lionel, manager de l’équipe première ; Éric, entraîneur de l’équipe réserve), les frères et les cousins (Arthur, qui évolue déjà en équipe Une, Arthur — qui joue actuellement à Montpellier — et Paul, junior au SGSC, sont les enfants de Lionel ; Mathys, Enzo et Tom, les fils d’Éric, jouent tous les trois en équipe réserve), les Heymans sont partout autour de la pelouse mythique du Luc.
“Un jour, il pourrait même y avoir six Heymans sur le terrain, rigole Éric. Cinq avants et un trois-quarts.” Saint-Girons et la famille Heymans, c’est une longue et belle histoire d’amour.
“L’œil du papa est protecteur, celui de l’entraîneur est exigeant”
Tout commence avec Lionel et Éric. Les deux frères participent au renouveau des Lions verts. Ils sont tous les deux associés dans le staff senior. “J’étais avec Lionel pour m’occuper des avants jusqu’en 2021. Notre duo n’a pas été compliqué. On avait deux caractères complémentaires. Quand on est frères, la relation est plus simple.”
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Travailler en famille, c’est possible. Leurs enfants ont progressé et frappent désormais à la porte des seniors. “Dans l’idée, je ne voulais pas entraîner mes enfants,” poursuit Éric. Mais la passion est là, le challenge excitant. “Il y avait déjà Mathys et Tom, Enzo est arrivé par la suite.” Depuis trois ans maintenant, Éric est donc l’entraîneur de l’équipe réserve du Sporting, dans laquelle évoluent ses trois fils. Il a donc dû prendre ses marques. “L’œil du papa est protecteur, celui de l’entraîneur est exigeant. J’avais beaucoup d’appréhension quand ils ont commencé, surtout pour Mathys qui joue en première ligne.”
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Au fil des mois, des entraînements, des matchs, chacun trouve sa place, son rythme. “Je suis quelqu’un de plus difficile, de plus exigeant avec mes enfants. J’ai toujours peur que les autres pensent que je les avantage. Mais ça va mieux aujourd’hui. Par exemple, à Castelnaudary, j’ai sorti deux de mes enfants à la mi-temps.” Une situation qui, peu à peu, ne pose plus de souci. “Avoir son père comme entraîneur, c’est spécial, mais c’est aussi bien, avoue Mathys, 18 ans, talonneur. Ça m’a motivé. Aujourd’hui, on le prend comme un entraîneur normal. Il y a des fois où il peut être plus sévère avec nous. Il nous dit ce qui va et ce qui ne va pas.”
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“Papa est le plus chambreur d’entre nous”
Enzo, 20 ans, deuxième ligne, a lui aussi dédramatisé la situation : “Ça fait trois ans maintenant. Sur le terrain, c’est mon entraîneur et pas mon père. Depuis que je suis tout petit, il a toujours été là, autour du terrain. Je suis habitué. Il m’a toujours dit ce qui allait et ce qui n’allait pas. J’étais content de l’avoir comme entraîneur.” “Sur le terrain, c’est l’entraîneur qui prend le dessus,” insiste Éric. Et si, à la maison, on parle bien évidemment beaucoup de rugby, c’est avant tout le temps de la famille, du cocon. “Il y a beaucoup de chambrage, rigole Éric. Dans les deux sens. Et la maman défend beaucoup ses enfants. Je débriefe les matchs avec eux, surtout à la fin, pas trop à la maison. On essaye d’éviter.”
“C’est papa le plus chambreur”, insiste Mathys. Et Sandrine, la maman, est bien évidemment la première supportrice de tout le monde : “Elle vient voir tous les matchs.” La famille n’est plus un handicap, mais une force. “C’est plus facile de se dire les choses.” Après une expérience avec le ballon rond, Tom a rejoint la fratrie. “Je suis revenu au rugby quand j’avais 18 ans. L’objectif, c’était surtout de jouer, pas spécialement avec les frères. On essaye de se tirer vers le haut.” Et, contrairement au reste de la famille, lui évolue dans les lignes arrières : “Je préfère toucher le ballon (rires). “Même si son père s’occupe plutôt des avants, “c’est toujours un peu de pression pour ne pas le décevoir”.
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Aujourd’hui, tout le monde a trouvé son équilibre. “Il n’y a plus de difficultés,” termine Éric. “Il faut être juste. Je n’ai plus la gêne du début à sortir mes enfants ou à les mettre — ou non — sur la feuille de match.” La belle histoire n’est pas près de s’arrêter. “C’est un rêve de jouer tous les six ensemble. Ça pourrait être incroyable.” Non, le Saint-Girons Sporting-Club ne sera pas rebaptisé le Heymans Sporting-Club, mais Lionel, Éric, Arthur, Paul, Louis, Mathys, Enzo et Tom en écrivent déjà une bien belle page de sa riche histoire.

