February 3, 2026

Obus dans le rectum aux urgences du CHU de Toulouse : pourquoi ces munitions circulent-elles encore dans les foyers français ?

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Les obus anciens, vestiges de guerre, continuent de circuler en France, souvent méconnus pour leur dangerosité. Un incident insolite à l’hôpital de Rangueil relance le débat sur leur statut légal et leur présence dans les foyers.

En France, certains obus, souvent centenaires, continuent de circuler de génération en génération sous une forme supposément inerte. Le sujet a refait surface ce week-end à la suite d’un incident insolite : un patient s’est présenté à l’hôpital de Rangueil avec un obus coincé dans le rectum.

L’objet en question mesurait environ 16 cm de longueur pour 4 cm de largeur. “En dénomination militaire, c’est un obus de 37 mm, utilisé notamment sur les canons antichars ou les chars légers de la Grande Guerre”, précise Jean-Pierre Bastié, président de l’Union française des amateurs d’armes (UFA) et expert à Toulouse. La réglementation française est pourtant stricte : elle interdit la démilitarisation et la possession de munitions d’un calibre supérieur à 20 mm.

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Ces explosifs sont classés en catégorie A, au même titre que les munitions de guerre actives. Face à cette rigueur législative, Franck Dedieu, ancien démineur et organisateur de bourses aux armes, nuance : “La douille est juridiquement un matériel de guerre, mais dès lors qu’elle est percée et totalement inactive, elle devient, dans les faits, un vulgaire morceau de ferraille.”

“Un objet mémoriel”

Cette présence massive de munitions anciennes dans le paysage français n’étonne guère le président de l’UFA. “L’usage, certes, interroge, mais l’objet en soi reste commun. On en trouve encore beaucoup dans les vieilles maisons de campagne. Ce sont des pièces inertes qui appartenaient à l’arrière-grand-père et qui ont toujours fait partie du décor”, confie-t-il. Considérés comme des souvenirs d’après-guerre, ces projectiles se retrouvent encore fréquemment au cœur des foyers.

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Pour Jean-Pierre Bastié, il s’agit avant tout d’un “objet mémoriel”. Un vestige qui appartient au patrimoine familial depuis parfois un siècle. À force d’être exposé sur une étagère ou le manteau d’une cheminée, l’engin finit par devenir un objet familier, occultant presque totalement son caractère prohibé et sa dangerosité d’origine.

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