Des étagères remplies de lait infantile dans une pharmacie à Paris, 23 janvier 2026. VALERIE DUBOIS / HANS LUCAS VIA AFP
De nouveaux rappels de lait infantile ont été annoncés ce lundi 2 février en France, où le seuil limite toléré est désormais plus strict pour la toxine céréulide à l’origine de précédents rappels, tandis que l’agence sanitaire européenne vient également de durcir ses recommandations.
Cinq nourrissons ont pour l’heure été hospitalisés en France après avoir consommé des laits infantiles concernés par la récente vague de rappels, ont rapporté les autorités sanitaires, rappelant qu’aucun lien direct n’était établi à ce stade.
• Une réglementation européenne resserrée
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a établi des doses de référence maximum pour une toxine parfois présente dans le lait en poudre, à la suite de rappels dans plusieurs pays. L’EFSA a indiqué qu’une concentration supérieure à 0,054 microgramme de céréulide par litre dans les laits pour nourrissons ou supérieure à 0,1 microgramme par litre dans les laits pour 2ᵉ âge « pourrait entraîner un dépassement des niveaux de sécurité ».
« Cette recommandation vise à aider les gestionnaires des risques de l’UE à déterminer quand les produits doivent être retirés du marché à titre de mesure de précaution pour la santé publique », a déclaré l’autorité basée en Italie dans un communiqué. Les scientifiques de l’EFSA ont proposé une dose journalière admissible aiguë (ARfD) de 0,014 µg/kg de poids corporel pour la céréulide chez les nourrissons.
• La France abaisse le seuil pour la toxine incriminée
La France avait anticipé cette mesure, et, dès vendredi soir, le ministère de l’Agriculture avait annoncé l’abaissement du seuil à « 0,014 µg de céréulide par kilogramme de masse corporelle, soit un niveau de sécurité renforcé par rapport au seuil jusqu’ici appliqué (0,03 µg par kilogramme de masse corporelle) ». « La protection de la santé des nourrissons constitue la priorité absolue des autorités sanitaires », a fait valoir le ministère.
• Popote et Vitagermine (Babybio) rappellent des lots en France
Conséquence directe, deux marques ont, dès ce lundi matin, annoncé de nouveaux rappels de lait 1ᵉʳ âge, deux lots pour la marque Popote, et trois pour Vitagermine (Babybio). Ce fabricant précise avoir, durant le week-end, « mené des investigations pour s’assurer que l’ensemble des produits respectent ce nouveau seuil. Elles ont permis d’identifier 3 lots de lait infantile 1ᵉʳ âge » qui étaient « conformes à la norme en vigueur jusqu’à la semaine dernière », mais doivent désormais être retirés du marché. Les deux marques précisent par ailleurs que leurs autres produits ne sont pas concernés. « Il faut s’attendre à de nouveaux rappels » avec le nouveau seuil, a précisé ce lundi la direction générale de l’alimentation (DGAL), qui supervise les retraits.
L’association Foodwatch estime cependant que « ce scandale n’est pas un problème de seuil de détection, comme veulent nous le faire croire les multinationales pour se dédouaner de leurs responsabilités. La céréulide n’a rien à faire dans les laits infantiles ». « Il n’existe pas de standard européen sur la présence, par exemple, de crottes de souris dans le lait infantile. Il n’en demeure pas moins que c’est interdit et que les entreprises doivent s’assurer que leurs produits en sont exempts », a réagi dans un communiqué l’association.
Les autorités françaises ont répondu lundi aux associations qui les accusaient d’avoir agi trop peu et trop tard lors de la crise des rappels de lait infantile. La DGAL a indiqué à des journalistes n’avoir pas demandé de rappel général et privilégié des « retraits ciblés » pour éviter d’éventuelles pénuries.

