À quelques semaines de l’audience disciplinaire d’Asenathi Ntlabakanye, Rassie Erasmus est sorti du silence. Le sélectionneur des champions du monde de rugby a reconnu être “nerveux” pour son pilier droit, empêtré depuis plusieurs mois dans une affaire de dopage dont l’issue reste incertaine.
L’affaire traîne, s’épaissit et inquiète le rugby sud-africain. Depuis l’été dernier, le nom d’Asenathi Ntlabakanye reste associé à une procédure antidopage dont l’issue tarde à se dessiner, plongeant l’un des piliers les plus prometteurs des Springboks dans une zone grise aussi sportive que judiciaire.
Le pilier de 26 ans a été contrôlé positif classé comme substance spécifiée (donc non considérée comme dopante), détectée lors d’un test aléatoire mené par l’Institut Sud-Africain pour un Sport sans Drogue (SAIDS). La Fédération a confirmé l’information, le joueur a été testé positif à une substance non dopante prescrite par un spécialiste plus tôt dans l’année. Son audience devait initialement avoir lieu en décembre 2025, mais Rapport a révélé que la procédure avait été retardée en raison de la disponibilité des témoins experts et de difficultés logistiques persistantes.
À lire aussi :
France-Afrique du Sud : “Beaucoup de tests positifs…” Pourquoi l’ombre du dopage plane toujours sur les Springboks
À quelques semaines de l’audience d’Asenathi Ntlabakanye, Rassie Erasmus n’a pas masqué son inquiétude. Le sélectionneur des Springboks a reconnu être “nerveux” pour son joueur, tout en prenant soin de se tenir à distance du dossier disciplinaire.
Erasmus inquiet mais mesuré
Interrogé sur cette affaire par Planet Rugby, le sélectionneur des Springboks, Rassie Erasmus a adopté un ton prudent, a salué l’éthique de travail de Ntlabakanye et ne croit pas que le joueur ait délibérément utilisé de substance interdite. “On s’inquiète pour lui. Nous le soutiendrons autant que possible et j’espère que la vérité éclatera et que le résultat sera à la hauteur. Cela dit, je ne porte aucun jugement. J’espère simplement qu’il s’en sortira bien.”
À lire aussi :
Rugby-dopage : un joueur sud-africain positif lors d’un contrôle antidopage inopiné et écarté des Springboks
Sans vouloir se poser en juge, Erasmus a tenu à souligner l’état d’esprit de son joueur : “Il a travaillé incroyablement dur et j’apprécie beaucoup sa personnalité. Je ne pense pas qu’il ait fait quoi que ce soit de mal intentionnellement.” Avant de conclure, avec retenue : “Cela dit, je ne porte aucun jugement. J’espère simplement qu’il s’en sortira bien.”
Jamais suspendu, toujours aligné
Malgré ce contexte, Ntlabakanye n’a jamais été suspendu à titre provisoire. Écarté pendant environ un mois lors du Rugby Championship, il est ensuite revenu en sélection, notamment face au XV de France en novembre dernier (32-17), puis lors de la large victoire contre le pays de Galles (73-0). En club, le pilier des Golden Lions a également continué à enchaîner les rencontres.
À lire aussi :
Rugby-Dopage : pourquoi un joueur star sud-africain n’est pas suspendu malgré un contrôle antidopage positif
Selon les autorités antidopage sud-africaines, le joueur reste sélectionnable jusqu’à l’audience, son médecin devant d’ailleurs témoigner lors de l’examen du dossier. En interne, les dirigeants espèrent une suspension amoindrie, comprise entre un et deux ans, loin des quatre ans maximum encourus.
La Fédération sud-africaine reste toujours dans une position délicate, en attendant qu’un verdict vienne éclaircir une affaire qui traine et laisse planer le doute sur l’un des piliers les plus prometteurs des Springboks.

