Donald Trump et Jeffrey Epstein, en 1997 à New York. Détail d’une photo publiée le 12 décembre 2025 par la justice. EPSTEIN ESTATE/HOUSE OVERSIGHT/ZUMA/SIPA
Le ministère américain de la Justice a entrepris vendredi 30 janvier la publication d’une masse de documents supplémentaires concernant Jeffrey Epstein, affirmant avoir ainsi respecté l’obligation imposée à l’administration Trump de faire toute la transparence sur ce dossier politiquement explosif.
Certains des nouveaux documents font référence au président Donald Trump et à d’autres personnalités de premier plan, comme Bill Gates. Aucun n’est dans le viseur de la justice à ce sujet.
Ancien avocat personnel de Donald Trump, proche de Jeffrey Epstein quand les deux hommes évoluaient au sein de la jet-set à New York et en Floride dans les années 1990, le numéro deux du ministère de la Justice, Todd Blanche a nié toute implication de la Maison Blanche dans ce processus. « Nous nous sommes conformés à la loi et nous n’avons pas protégé le président Trump ni protégé ou omis de protéger qui que ce soit », assure-t-il.
• Donald Trump
Les documents fraîchement diffusés contiennent une liste établie par le FBI (la police fédérale américaine) d’allégations d’agressions sexuelles liées au président Donald Trump, dont beaucoup provenaient d’appels anonymes et d’informations non vérifiées. Ces allégations, obtenues pour certaines via des sources indirectes, ont été transmises par téléphone ou bien par voie électronique au Centre national de gestion des menaces du FBI.
Le document suggère que les enquêteurs ont donné suite à certaines de ces informations. D’autres ont été jugées peu crédibles.
Donald Trump nie depuis longtemps toute implication dans les agissements du criminel sexuel Jeffrey Epstein. « Certains des documents contiennent des allégations mensongères et sensationnalistes à l’encontre du président Trump, » écrit le ministère de la Justice. « Ces allégations sont infondées et fausses. »
Donald Trump, pour sa part, reconnaît avoir fréquenté Epstein à l’époque mais assure avoir rompu avec lui avant qu’il ne soit inquiété par la justice.
• Bill Gates
Dans un brouillon d’e-mail figurant parmi les documents publiés vendredi, Jeffrey Epstein assurait que Bill Gates, cofondateur de Microsoft, entretenait des relations extraconjugales.
Le financier new-yorkais y affirmait que sa relation avec ce milliardaire allait permettre d’« aider Bill à trouver de la drogue, afin de faire face aux conséquences du sexe avec des filles russes, à faciliter des rendez-vous illicites avec des femmes mariées. »
La Fondation Gates a démenti dans un communiqué aux médias « des accusations absolument absurdes provenant d’un menteur patenté ».
• Richard Branson
Les fichiers mentionnent la relation amicale de Jeffrey Epstein avec le milliardaire britannique Richard Branson, cofondateur de Virgin Group. Dans un e-mail envoyé à Jeffrey Epstein en septembre 2013, il écrivait : « C’était vraiment sympa de te voir hier. […] Si tu passes dans la région, je serai ravi de te revoir. A condition que tu m’amènes ton harem ! »
Richard Branson, en 2019. DON EMMERT / AFP
• Elon Musk
Apparaissent également de nombreux échanges de mails entre Jeffrey Epstein et l’entrepreneur Elon Musk. En novembre 2012, Jeffrey Epstein lui a écrit un courriel demandant « combien de personnes seront à bord de l’hélicoptère pour se rendre sur l’île ».
« Probablement juste Talulah et moi. Quel jour/soirée aura lieu la fête la plus folle sur ton île ? », a répondu le milliardaire. Jeffrey Epstein possédait deux îles dans les Caraïbes. L’une d’elles serait selon l’accusation le lieu où il aurait agressé sexuellement plusieurs femmes et filles mineures.
Dans un message publié ce samedi sur X, Elon Musk a déclaré être conscient que cet échange pouvait être « mal interprété et utilisé par (ses) détracteurs pour salir (son) nom », avant d’appeler à la poursuite en justice de « ceux qui ont commis des crimes graves avec Epstein ».
• Andrew Mountbatten-Windsor
L’ancien prince déchu a invité Jeffrey Epstein à lui rendre visite au palais de Buckingham en septembre 2010, alors que le financier était en voyage à Londres. Un échange de courriels montre qu’il a contacté Andrew Mountbatten-Windsor pour lui demander : « À quelle heure souhaitez-vous que je […], nous aurons également besoin […] d’un moment en privé ». Ce à quoi Andrew avait répondu : « Nous pourrions dîner au palais de Buckingham et bénéficier d’une grande intimité ».
Jeffrey Epstein a en outre proposé au frère du roi Charles III de lui présenter une femme russe de 26 ans. Le 12 août 2010, Epstein écrit à celui qui est alors le prince Andrew (« Le duc ») qu’il a « une amie avec qui vous pourriez aimer dîner », devant se trouver à Londres du 20 au 24 août suivant. Andrew demande à Epstein ce que ce dernier a pu dire de lui à la jeune femme, et si elle doit lui apporter « un message » de la part du financier. A l’époque, Jeffrey Epstein vient d’être libéré de son assignation à résidence, après une condamnation pour prostitution de mineure.
Andrew, qui a toujours clamé son innocence, a été déchu de tous ses titres royaux et chassé de son immense résidence officielle de Windsor l’an dernier en raison de ses liens passés avec Epstein. La publication des mémoires posthumes de l’Américano-Australienne Virginia Giuffre, qui accusait le prince de l’avoir agressée sexuellement à plusieurs reprises alors qu’elle était mineure, a soulevé une vague d’indignation au Royaume-Uni.
• Howard Lutnick
Des e-mails montrent que Jeffrey Epstein et l’homme d’affaires Howard Lutnick, l’actuel secrétaire au Commerce de Donald Trump, avaient prévu en décembre 2012 de déjeuner sur l’île du financier.
« Nous arrivons vers vous depuis Saint Thomas », écrit la femme d’Howard Lutnick à la secrétaire de Jeffrey Epstein, lui demandant où ils devaient jeter l’ancre.
Howard Lutnick et Donald Trump, le 29 janvier 2026 à la Maison-Blanche. BRENDAN SMIALOWSKI / AFP
• Steve Tisch
Plusieurs e-mails suggèrent que Jeffrey Epstein a mis en relation Steve Tisch, producteur de « Forrest Gump » et propriétaire des Giants de New York, équipe de football américain, avec plusieurs femmes.
Dans un échange avec lui, le criminel sexuel décrit une femme comme étant « russe, qui dit rarement la vérité, mais qui est amusante ».

