Le record du tour du monde à la voile, défi prestigieux de la navigation, n’octroie aucune récompense financière directe. Thomas Coville et son équipage ont pourtant inscrit leur nom dans l’histoire en 40 jours. La reconnaissance et les retombées médiatiques sont leur véritable gain.
Combien a gagné Thomas Coville en battant le record du Trophée Jules-Verne ?
En bouclant le tour du monde à la voile sans escale en 40 jours, 10 heures et 45 minutes, le skipper et les six autres marins de Sodebo Ultim 3 ont inscrit leur nom au sommet de la navigation océanique. Un exploit hors normes, un record mythique mais qui ne rapporte pas un centime de prime officielle. Alors, au juste, combien gagne-t-on en remportant le Trophée Jules-Verne ?
Un record prestigieux, mais pas doté
Contrairement à d’autres grandes épreuves océaniques comme le Vendée Globe, le Trophée Jules-Verne ne prévoit aucune récompense financière directe pour ses vainqueurs. Aucun chèque, aucune dotation, aucun prize-money. Le règlement est clair : il s’agit d’un défi sportif pur, fondé sur la performance et la quête du temps le plus rapide autour du globe, en équipage et sans escale.
Avant même de rêver au record, les équipes doivent d’ailleurs mettre la main à la poche. L’inscription au Trophée Jules-Verne passe par une adhésion à l’association “Tour du monde en 80 jours”, avec un droit d’entrée de 30 000 euros, auquel s’ajoutent 12 000 euros pour chaque nouvelle tentative. Un coût assumé par les teams, bien loin de l’idée d’un gain financier automatique à l’arrivée.
Une reconnaissance symbolique et des retombées indirectes
La véritable récompense est ailleurs. En battant le record détenu depuis 2017 par Francis Joyon, Thomas Coville et son équipage obtiennent le droit d’inscrire leurs noms sur la plaque du célèbre trophée imaginé par l’artiste américain Thomas Shannon. Une sculpture unique, en forme de carène, suspendue dans un champ magnétique et conservée au Musée national de la Marine. Un symbole fort, presque sacré, dans le monde de la voile.
Sur le plan financier, les gains sont donc indirects. Les marins perçoivent leur salaire, et il n’est pas exclu qu’une prime interne soit accordée par le sponsor Sodebo, comme c’est souvent le cas après une performance de cette ampleur. À cela s’ajoutent la notoriété, la valorisation de l’image, les futures opportunités sportives et médiatiques, autant d’éléments difficiles à chiffrer mais essentiels dans une carrière.
À l’arrivée, Thomas Coville n’a pas gagné d’argent en franchissant la ligne entre Ouessant et le cap Lizard. Il a gagné une chose bien plus rare : une place dans l’histoire de la navigation, au sommet d’un défi que seuls quelques marins, en plus de trente ans, ont réussi à accomplir.

