Devant une salle Mermoz comble, Jean-Luc Moudenc a donné ce samedi un coup d’accélérateur à sa campagne municipale. Sécurité, impôts, transports, santé… le maire sortant a déroulé ses priorités tout en lançant une charge frontale contre ses adversaires, accusés de vouloir “mélenchoniser” Toulouse.
À sept semaines du premier tour des élections municipales, Jean-Luc Moudenc a voulu frapper fort. Ce samedi après-midi, le maire sortant a une nouvelle fois donné à sa traditionnelle galette des rois des allures de meeting de campagne, devant près de 1 800 personnes selon son équipe. Dès 14 h 30, la file se formait à l’entrée et la salle se remplissait au son de tubes populaires, tandis que sur écran défilaient des clips et des messages visant les oppositions.

Jean-Luc Moudenc a entamé par une pique, en référence au meeting de Jean-Luc Mélenchon organisé deux jours plus tôt dans la même salle, qui avait réuni environ 1 600 militants, pour soutenir François Piquemal : “Je ne sais pas si vous savez qui était là il y a 48 heures… C’était JLM. L’autre ! La salle était pleine. Un peu moins qu’aujourd’hui…”, a-t-il lancé, avant de revendiquer une différence majeure : “Nous sommes entre Toulousains !”. Une référence aux supporters de Jean-Luc Mélenchon qui, eux, étaient venus de toute la région pour écouter le tribun insoumis.
“Aller plus loin pour la tranquillité des Toulousains”
Le maire a ensuite déroulé un discours de reconnaissance à ses troupes, annonçant 1,3 million de tracts distribués depuis le début de la campagne et 4 000 affiches collées. Il a eu “une pensée d’amitié” pour Nina Ochoa et Christine Valès, deux colistières annoncées partantes, assurant qu’elles restaient “dans la fidélité et le soutien”. Il a vanté une liste “issue de tous les quartiers”, mêlant “Toulousains de souche” et “d’adoption”, “expérience” et “rajeunissement”, et insisté sur l’indépendance d’une équipe où une large part des candidats n’est encartée dans aucun parti.

Dans un second temps, Jean-Luc Moudenc a remis en avant plusieurs marqueurs de campagne. Sécurité d’abord, avec sa promesse d’aller “plus loin pour la tranquillité des Toulousains”, et l’objectif répété d’une caméra “dans chaque rue”, accompagné de recrutements supplémentaires de policiers municipaux et de “nouveaux dispositifs d’alerte” pour faciliter les signalements. Finances ensuite, avec l’engagement de ne pas augmenter les taux d’imposition municipaux. Transports, aussi, avec la promesse de “mener à bonne fin” le chantier de la ligne C. Sur la santé, il a évoqué le développement de maisons de santé de proximité. Sur l’environnement, il a promis de planter davantage d’arbres, “non pas au nom de l’idéologie verte, mais au nom de la santé”, pour gagner en fraîcheur et améliorer la qualité de l’air.
Au second tour, “les deux François ne feront qu’un”
Puis le meeting a basculé sur l’affrontement politique. Le candidat a dénoncé les “querelles nationales” qu’il accuse ses adversaires d’importer dans la campagne, avant de marteler un triptyque : “Voulez-vous revenir aux années Cohen ? Voulez-vous la Mélenchonisation de notre ville ?”. Il a attaqué la liste Insoumise de François Piquemal, puis celle de François Briançon, qu’il a qualifiée “d’alliance de la carpe et du lapin”, affirmant qu’au second tour “les deux François ne feront qu’un”. Enfin, il a mis en garde contre un vote RN, évoquant le risque d’une triangulaire où l’extrême droite, selon lui, “donnerait les clés” du Capitole à la gauche.
À l’issue du discours, conclu sur “Toulouse” de Claude Nougaro, Jean-Luc Moudenc a enchaîné bains de foule et selfies, se félicitant d’une salle pleine : “C’est important de se sentir soutenu”, a-t-il glissé, en assurant vouloir maintenir le cap d’une campagne qu’il dit avant tout “toulousaine”.

