Après avoir bouleversé les élevages, la dermatose nodulaire bovine recule. La situation s’améliore, mais la maladie peut-elle vraiment revenir avec le printemps ?
Apparue pour la première fois en juin 2025 dans plusieurs zones en France, la dermatose nodulaire contagieuse, une maladie virale qui touche exclusivement les bovins, a profondément bouleversé l’activité agricole ces derniers mois. Particulièrement redoutée, cette pathologie impose des mesures radicales : à la moindre vache contaminée, l’éleveur est contraint d’euthanasier la totalité de son troupeau, conformément à la stratégie de l’État visant à éradiquer la maladie du territoire français.
Pour limiter la propagation du virus, plusieurs zones avaient été classées comme réglementées, avec une surveillance étroite et des restrictions strictes sur les déplacements d’animaux. Depuis, la situation s’est progressivement améliorée. Le 18 janvier 2026, le ministère de l’Agriculture a annoncé la levée de quatre zones réglementées sur les six mises en place au plus fort de la crise. Seules deux zones demeurent encore sous contrôle, toutes deux situées en région Occitanie, en Ariège et dans les Hautes-Pyrénées.
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Un retour attendu au printemps ?
Avec la hausse des températures, le retour des mouches et autres insectes vecteurs, principaux transmetteurs du virus, faisait craindre une reprise de l’épidémie au printemps. Un scénario désormais largement écarté grâce à la campagne de vaccination de près de 684 473 bovins vaccinés sur les dix départements du Sud-Ouest concernés.
“Même lorsque les températures redeviendront clémentes et que les mouches recommenceront à se déplacer, les bovins des environs seront protégés et ne développeront pas la maladie”, expliquait Jeanne Brugère-Picoux, professeur honoraire de l’École nationale vétérinaire d’Alfort, dans nos colonnes le 7 janvier dernier. Et d’ajouter : “La vaccination en cours dans les zones réglementées, mais aussi dans les départements indemnes voisins, constitue une mesure de précaution qui réduit fortement le risque dans les semaines à venir.”
Au-delà de l’urgence sanitaire, la recherche s’organise déjà pour l’avenir. L’Inrae a annoncé, lundi 19 janvier, le lancement d’un projet visant à améliorer le vaccin contre la dermatose nodulaire d’ici cinq ans. Les chercheurs travaillent déjà avec des industriels pour que le nouveau vaccin, une fois trouvé, soit fabriqué rapidement.

