La crise agricole dans le Gers atteint un point critique. La FDSEA locale exige des mesures concrètes face aux crises climatiques et économiques. Les agriculteurs réclament des indemnisations et un débat sur l’avenir de l’agriculture locale.
En 2026, “changer de calendrier ne change pas la réalité des exploitations”. C’est par ces mots que la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles du Gers (FDSEA) ouvre un communiqué de vœux au ton particulièrement ferme. Dans le département, comme partout en France, “les agricultrices et les agriculteurs sortent exsangues de plusieurs années de crises climatiques, économiques et sanitaires”, aggravées par “des règles incohérentes, des retards administratifs et une absence persistante de vision politique”.
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La FDSEA du Gers le martèle : “La patience du monde agricole a des limites”. Les responsables syndicaux insistent sur l’urgence d’agir : “Les agriculteurs n’attendent plus des discours, mais des actes rapides, lisibles et applicables sur le terrain”. Selon le syndicat, les récentes annonces du gouvernement et de l’Union européenne, concernant notamment les engrais, l’eau ou la fiscalité, ne doivent rien au hasard. Elles sont “le résultat direct d’un rapport de force construit par le réseau FNSEA/JA, du canton jusqu’à Bruxelles”.
Dans le Gers, les attentes sont immédiates. Les agriculteurs exigent notamment “une indemnisation intégrale des conséquences économiques des crises sanitaires”, “un financement garanti de l’arrachage avant la taille en viticulture” et “des prêts de restructuration efficaces pour éponger les dettes cumulées”. Le communiqué réclame aussi “l’exonération totale de la TFNB pour tous les agriculteurs” et “un soutien humain personnalisé, à la hauteur de l’épuisement moral du terrain”.
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Au-delà de l’urgence, la FDSEA du Gers refuse “une agriculture gérée à vue” et appelle à “un véritable débat professionnel sur l’avenir de l’agriculture gersoise”, en particulier sur la politique de l’eau, reconnue comme “un moyen de production indispensable”.
Signé par les coprésidents Stéphane Zanchetta et Benjamin Constant, le communiqué prévient enfin que “la construction n’exclut pas la mobilisation”. Le 20 janvier, à Strasbourg, la FDSEA du Gers a dit “Non au Mercosur”, “parce que l’agriculture française ne peut pas être sacrifiée”.

