Un jeune homme de 19 ans, atteint de troubles du comportement et accro au cannabis, a fait vivre l’enfer à sa propre mère pour financer son addiction. Il s’en est aussi pris aux gendarmes qui sont intervenus à plusieurs reprises au domicile familial.
Crises à répétition, appels malveillants, menaces, chantage : pendant plusieurs mois, une mère de famille de Valence-d’Albigeois a vécu l’enfer face à un fils de 19 ans qu’elle “n’arrivait plus à canaliser” et qui a été jugé ce jeudi 15 janvier par le tribunal correctionnel d’Albi.
Le jeune homme, allure frêle, fine barbichette, était poursuivi pour plusieurs infractions commises depuis l’été dernier à l’encontre de sa mère mais aussi des gendarmes qu’elle appelait à la rescousse. En juillet, des menaces de mort réitérées. Puis des appels malveillants début octobre – 58 au total – toujours pour le même motif : obtenir de l’argent afin de payer sa consommation de cannabis.
Le 6 octobre dernier, à l’occasion d’une nouvelle crise, une patrouille de gendarmerie est intervenue au domicile familial. Le jeune homme, agressif, a tenté de frapper un militaire en lançant des insultes et des menaces de mort : “fils de p*te”, “je vais te tuer”… Trois semaines plus tard, il a recommencé, menaçant cette fois sa mère de casser la maison si elle ne lui donnait pas d’argent, visiblement peu inquiet d’une nouvelle intervention des forces de l’ordre : “amène-moi les flics, je vais les arroser, leur cervelle va exploser”.
“Je me sentais au-dessus des lois”
À la barre du tribunal, le jeune prévenu avait un discours plus serein. Placé fin octobre sous contrôle judiciaire avec une interdiction de paraître au domicile de sa mère et d’entrer en contact avec elle, il est désormais hébergé par un ami et dit avoir arrêté le cannabis depuis deux semaines. Il semble avoir pris du recul. “J’étais dans ma bulle, je me sentais au-dessus des lois”.
Présente à l’audience, sa mère s’est elle aussi exprimée à la barre. Elle est revenue sur l’enfance chaotique de son fils, atteint de troubles du comportement et pris en charge depuis ses 11 ans par un établissement spécialisé (Itep) à Albi. “Il a besoin d’être aidé, il a besoin de soins”. Bien qu’elle se soit constituée partie civile, son avocat, Me Jérôme Vialaret, a décrit “une maman investie”, qui “essaye de sauver son fils”. C’est à contrecœur qu’elle demande le maintien de l’interdiction de contact. “Cette distance la fait souffrir mais elle est nécessaire”.
En défense, Me Caroline Genest a insisté sur l’évolution positive de son client depuis son placement sous contrôle judiciaire. “Il a réussi à se reprendre en main”. La procureure Lucile Clinet a requis une peine de 9 mois de prison avec sursis probatoire, finalement réduite à 6 mois par le tribunal avec une interdiction de contact et de paraître au domicile de sa mère, des obligations de soins et de travail ainsi que 105 heures de travail d’intérêt général.
Il devra également indemniser deux militaires victimes d’outrage et de menaces de mort et verser un euro symbolique à la gendarmerie du Tarn, représentée à l’audience par le chef d’escadron Claude Dussart, commandant de la compagnie d’Albi.

