La commune gersoise de Simorre, site paléontologique majeur, accueillera à la fin du mois de février des mastodontes grandeur nature. Trois sculptures illustreront l’histoire du Miocène. Un projet ambitieux pour valoriser le patrimoine local.
Le Gers s’apprête à remonter le temps, jusqu’à l’époque du Miocène, il y a près de 15 millions d’années. À la frontière de la Haute-Garonne, la commune de Simorre va prochainement accueillir une famille entière de mastodontes, pour le plus grand bonheur des passionnés de paléontologie. Trois reconstitutions grandeur nature de ces géants préhistoriques viendront ainsi rappeler que ces mammifères vivaient autrefois dans le sud-est du département.
Simorre est en effet un site de référence pour l’étude du Miocène. “Les mastodontes vivaient ici il y a environ 12 à 15 millions d’années. Simorre fait partie des sites majeurs, aussi bien par la quantité que par la qualité des fossiles découverts. À l’échelle mondiale, c’est une référence pour la paléontologie du Miocène”, explique Éric Truffi, maire de la commune gersoise.

Lauréate du budget participatif régional avec plus de 1 800 votes, la commune a bénéficié d’une enveloppe de 64 000 euros pour concrétiser ce projet d’envergure. Trois sculptures monumentales ont ainsi été commandées à Emmanuel Janssens Casteels, spécialiste reconnu des reconstitutions animales préhistoriques.
“On y retrouvera les trois mastodontes découverts sur nos terres”
Le dernier mastodonte, le plus impressionnant, doit arriver à Simorre fin février. Culminant à 3,50 mètres au garrot et pesant plus d’une tonne, il rejoindra deux autres géants dans un parc paléontologique en cours de finalisation au cœur du village.
“L’objectif est de transmettre le savoir, la culture et l’histoire de notre territoire, poursuit Éric Truffi. Le conseil municipal a validé la création de ce parc sous forme de cheminement pédagogique. On y retrouvera les trois mastodontes découverts sur nos terres, replacés dans leurs milieux respectifs : marécageux, de savane et boisé.” Le parcours sera complété par une fresque monumentale de plus de 200 m², en cours de finalisation. “Elle retrace les paysages, l’ambiance et l’histoire de Simorre à l’époque du Miocène. Ce sera sans doute l’une des plus grandes fresques du Gers”, souligne-t-il.
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Pièce maîtresse du projet, le Gomphotherium, surnommé “le mastodonte de Simorre”, constitue une première mondiale. “C’est la première fois qu’un gomphothère est réalisé à l’échelle réelle. C’est un monument inédit. Nous avons voulu faire les choses avec exigence et qualité pour transmettre cette histoire aux générations futures”, insiste l’élu.
Une vocation aux nombreux objectifs
Deux autres reconstitutions viendront compléter ce bestiaire spectaculaire : un Deinotherium, considéré comme le troisième plus grand animal terrestre ayant jamais existé, et un Brachypotherium brachypus, un rhinocéros massif aux pattes courtes. Ces espèces figurent parmi les plus emblématiques de la faune du Gers à cette période.
“Cela fait trente ans que je fais ce métier, donc ce n’est clairement pas un coup d’essai. Des pièces de ce type, on en trouve dans de nombreux musées en France et dans le monde. Je suis spécialisé depuis trois décennies dans les reconstitutions réalistes, principalement pour les musées de sciences naturelles, les structures pédagogiques et les parcs préhistoriques. Ce qui me fait particulièrement plaisir ici, c’est que le projet reste proche de chez moi, dans le Lot-et-Garonne. En revanche, à cette échelle-là, ces mastodontes resteront uniques. Et pour l’anecdote, le Deinotherium sera sans doute la dernière grande pièce que je réaliserai entièrement en sculpture. À 63 ans, je ne me sens plus d’attaquer des géants de cette ampleur.” explique Emmanuel Janssens Casteels.
À travers ce projet, Simorre entend ainsi valoriser un patrimoine scientifique exceptionnel et offrir aux visiteurs une plongée spectaculaire dans la préhistoire du Gers. “Cette démarche s’inscrit dans une volonté de long terme : celle de valoriser et de transmettre l’histoire de Simorre, à destination des habitants comme des visiteurs.”

