Gérante du kiosque de la préfecture d’Agen depuis dix ans, Saïda Bensmina a vu son activité profondément bouleversée par les travaux de réaménagement de la place Armand Fallières. Réinstallée depuis mai 2025, elle s’adapte à une nouvelle configuration, une clientèle différente et des habitudes qui évoluent, tout en poursuivant le développement de son offre.
Installée place de la préfecture depuis 2015, Saïda Bensmina n’est pas une nouvelle venue. D’abord salariée, puis entrepreneure, elle a structuré son activité au fil des années jusqu’à créer la SRL Balqis, qui regroupe aujourd’hui le kiosque et un commerce spécialisé dans les produits exotiques et la partie traiteur. « Le changement de société, c’était surtout pour faciliter la gestion », explique-t-elle, évoquant le regroupement de plusieurs activités sous une même structure.
Si l’expérience est solide, la période récente a été plus délicate. Les travaux engagés sur la place ont entraîné une fermeture temporaire et un déplacement du kiosque. « Avant, on travaillait plus. Aujourd’hui, on n’a pas encore retrouvé les anciens chiffres », constate la gérante, qui estime la baisse de chiffre d’affaires à près de 30 %.
Une reprise progressive après les travaux
Durant le chantier, le kiosque a été installé provisoirement dans un algéco, une période écourtée après plusieurs cambriolages. Saïda Bensmina décide alors de suspendre son activité jusqu’à la réinstallation définitive du kiosque, déplacé face à la rue Montesquieu. La réouverture a lieu en mai 2025, dans un environnement encore marqué par la fin des travaux et une visibilité réduite.
Aujourd’hui, le kiosque est ouvert du lundi au vendredi, de 7 h à 18 h, avec une fermeture plus tôt le mercredi. Deux emplois ont été créés : un salarié à temps plein et un apprenti. L’offre de restauration repose sur des produits simples et variés : sandwichs froids, paninis, burgers au poulet, salades, ainsi que des plats créoles proposés tous les quinze jours pour faire connaître le service traiteur Balqis.
Une clientèle qui évolue et de nouveaux outils
La clientèle a changé avec le réaménagement de la place. « Avant, c’était surtout les lycéens. Aujourd’hui, ce sont davantage les fonctionnaires et les personnes de passage », observe la gérante. Le pic d’activité reste concentré sur la pause méridienne, tandis que les après-midis sont plus calmes.
Pour s’adapter, un site de réservation en ligne a été mis en place, permettant de commander à l’avance et de limiter l’attente. Une remise de 10 % est également proposée aux fonctionnaires travaillant à proximité. « Beaucoup n’ont que trente minutes de pause », souligne Saïda Bensmina.
Si la place est désormais plus animée et sécurisée, notamment grâce à la présence d’un garde champêtre, un enjeu demeure : la visibilité du kiosque. Sans possibilité d’affichage ni de terrasse, la gérante espère obtenir prochainement une autorisation afin de relancer pleinement son activité. « On essaie d’augmenter le chiffre d’affaires petit à petit », résume-t-elle, déterminée à poursuivre l’aventure.

