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Le Nouvel Obs avec AFP
Le président américain Donald Trump et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair lors d’un sommet sur Gaza à Sharm el-Sheikh en Egypte, le 13 octobre 2025. EVAN VUCCI / AFP
Donald Trump a dévoilé vendredi 17 janvier la liste de membres du Conseil de la paix pour Gaza, qu’il présidera et auquel siégeront en particulier le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair.
Cette présentation intervient deux jours après que Steve Witkoff, son émissaire, a annoncé le lancement de la phase 2 du plan Trump visant à mettre fin à la guerre dans le territoire, après trois mois de fragile cessez-le-feu obtenu le 10 octobre sous la pression de Washington.
Cette deuxième phase prévoit le désarmement du Hamas, le retrait progressif des troupes israéliennes de la bande de Gaza et le déploiement de la Force internationale de stabilisation, selon les termes de ce plan endossé par le Conseil de sécurité de l’ONU en novembre.
15 personnalités pour administrer Gaza
Le Conseil de la paix doit superviser ce processus ainsi que le comité palestinien temporaire et technocratique composé de 15 personnalités formées pour administrer temporairement la bande de Gaza.
Outre Tony Blair et Marco Rubio, il compte Steve Witkoff ainsi que le gendre du président américain Jared Kushner, homme d’affaires et médiateur officieux du gouvernement Trump, ou encore le président de la Banque mondiale Ajay Banga, a indiqué Donald Trump dans un communiqué.
La liste de sept personnalités – dont cinq Américains – composant ce que la Maison Blanche appelle le « founding executive board » comprend aussi Marc Rowan, un milliardaire patron du fonds d’investissement Apollo Global Management, et Robert Gabriel, un conseiller de Donald Trump.
Chacun d’eux va « superviser un secteur défini, nécessaire à la stabilisation et au succès à long terme de Gaza, ce qui inclut la mise en place de structures de gouvernement, les relations régionales, la reconstruction, l’attractivité pour les investissements, le financement à grande échelle et la mobilisation de capital », selon le communiqué.
Donald Trump avait annoncé dès octobre la présence de Tony Blair dans son futur Conseil de la paix, mais des doutes avaient émergé quant à la participation effective de l’ex-dirigeant face à la vive opposition de pays arabes en raison de son soutien à l’invasion américaine de l’Irak en 2003.
Donald Trump avait promis, avec son emphase habituelle, le « plus grand et prestigieux conseil jamais assemblé ». Le diplomate bulgare Nickolay Mladenov, que l’on savait destiné à un rôle important, sera Haut représentant pour Gaza, a annoncé la Maison Blanche. Et le général américain Jasper Jeffers dirigera la Force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien.
Plusieurs chefs d’Etat invités à siéger au Conseil
En outre, plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement ont indiqué avoir été approchés par la Maison-Blanche pour siéger au Conseil de la paix pour Gaza. A commencer par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. « Nous avons reçu une invitation de la partie américaine, de la part du président américain, adressée […] au président Abdel Fattah al-Sissi pour rejoindre le Conseil de la paix, et nous étudions cette question », a déclaré le chef de la diplomatie égyptienne, Badr Abdelatty lors d’une conférence de presse. La communication du président turc s’est elle contentée de dire que Recep Tayyip Erdogan avait reçu l’invitation
Sur le continent américain, le président argentin, Javier Milei, fervent supporter de Donald Trump a indiqué sur le réseau social X qu’il avait reçu une invitation de la part du président américain Donald Trump à rejoindre, en tant que membre fondateur, le Conseil. En partageant sur son compte une image de la lettre d’invitation, Milei écrit que ce serait « un honneur » de participer.
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a également indiqué son intention d’accepter l’invitation de Donald Trump à siéger au Conseil, a déclaré à l’AFP un haut conseiller du chef du gouvernement, sans autres précisions.
Reconstruction
Le déploiement de cette force, prévu par le plan Trump, doit permettre d’aider à sécuriser Gaza et de former des unités de police palestiniennes.
Les travaux de reconstruction « s’appuieront essentiellement » sur le plan égyptien arabo-islamique, a affirmé le président du comité palestinien, Ali Shaath, ingénieur et ancien vice-ministre palestinien, dans un entretien à la chaîne de télévision égyptienne al-Qahera News, réputée proche des services de renseignement égyptiens.
Ce plan avait été adopté en mars 2025, avec le soutien des pays européens, en réponse au projet alors avancé par Donald Trump d’une prise de contrôle du territoire palestinien par les Etats-Unis pour en faire la « Riviera du Moyen-Orient » après en avoir expulsé les habitants.
Sur le terrain, l’armée israélienne a affirmé avoir mené jeudi des frappes en riposte à des tirs plus tôt cette semaine contre ses troupes dans le sud du territoire palestinien, qu’elle a qualifiés de « violation flagrante » du cessez-le-feu.
Dans un communiqué, le Hamas a de son côté accusé Israël d’avoir commis une « nouvelle violation » du cessez-le-feu avec ces raids, qui ont fait au moins sept morts selon la Défense civile de Gaza, une organisation de premiers secours opérant sous son autorité.
Le Hamas avait rejeté en octobre la création du Conseil de la paix pour Gaza, un de ses hauts responsables, Osama Hamdan, dénonçant un retour « à l’ère des mandats et du colonialisme ».

