January 15, 2026

Budget bloqué, Emmanuel Macron tranche : "A un moment, il faut prendre son parachute et sauter"

l’essentiel
Le Président presse le Premier ministre pour que la France ait un budget avant la fin de la semaine. À la peine sur la scène internationale, le locataire de l’Élysée aimerait ainsi donner un cap au pays.

Emmanuel Macron n’aime pas quand les choses traînent. Or le budget n’a que trop traîné… Ce week-end, le chef de l’État a donc mis la pression sur son Premier ministre pour que le projet de loi de finances (PLF) actuellement en discussion à l’Assemblée nationale soit voté avant la fin de la semaine. Sébastien Lecornu espérait se donner jusqu’à fin janvier pour tenter de parvenir à un accord mais le Président voit les choses autrement : “A un moment, il faut y aller, il faut prendre son parachute et sauter” aurait-il déclaré à l’un de ses interlocuteurs selon Le Figaro, qui rapporte aussi cette analyse d’un autre confident : “Son état d’esprit, c’est : on laisse passer l’examen des motions de censure et après, il faut un budget”.

49.3 ou ordonnances

Ça n’est pas la première fois que le chef de l’État montre des signes d’agacement. Déjà mi-décembre, en Conseil des ministres, il a fait savoir aux membres du gouvernement : “Ce n’est pas satisfaisant. Nous devrons au plus vite, en janvier, donner un budget à la nation”. Ce texte “devra tenir l’objectif de 5 % de déficit et financer nos priorités”. La feuille de route du locataire de Matignon était ainsi posée. Pour y parvenir, Sébastien Lecornu a passé ses vacances de Noël au téléphone avec les groupes politiques qui acceptent encore de discuter, mais les négociations n’ont pas abouti. Pour satisfaire la demande d’Emmanuel Macron, le locataire de Matignon n’a désormais que deux options : déclencher l’article 49.3 ou prendre des ordonnances. Deux outils qu’il avait pourtant écartés.

À la peine sur la scène internationale

Le Président avait promis de laisser les mains libres à son troisième Premier ministre depuis la dissolution. Contrairement à Michel Barnier et à François Bayrou, celui-ci a ainsi pu suspendre la réforme des retraites sans laquelle aucun accord n’aurait pu être trouvé sur le budget de la Sécurité sociale. Mais la main de l’Elysée, sortant de son domaine réservé, l’a bien vite rattrapé. Il faut dire que, sur la scène internationale, le Président cumule les déconvenues. L’arrestation par les États-Unis de Nicolas Maduro a donné lieu, de la part de la présidence française, à une communication erratique qui a été fortement critiquée.

Le Président a semblé, dans un premier temps, se satisfaire de la chute du président vénézuélien avant de souligner, dans un second temps, la violation du droit international. À propos du Groenland, Emmanuel Macron a aussi tardé à réagir fortement, doutant même, le 6 janvier sur France 2, des intentions du président américain, avant d’assurer hier, en Conseil des ministres, que “si la souveraineté d’un pays européen et allié était touchée, les conséquences en cascade seraient inédites”. Enfin, il a dû se résigner à voter contre le Mercosur sans avoir trouvé les alliés européens nécessaires pour obtenir une minorité de blocage. Désormais, c’est sur le dossier calédonien qu’Emmanuel Macron est à la peine, puisque le FLNKS refuse de se rendre à la réunion qu’il organise demain à Paris pour discuter de l’avenir de l’archipel.

Un budget pour les armées

Afin de se redonner du poids sur la scène internationale, le Président a donc besoin d’un budget de toute urgence et notamment d’un budget pour les armées. Il souhaite aussi montrer que la France n’est pas immobile en menant à bien les deux chantiers qu’il a initiés en fin d’année : la régulation du numérique et la mise en place d’un service national. Mais sur l’interdiction des réseaux sociaux aux adolescents, il est devancé par Gabriel Attal qui porte un texte de loi similaire actuellement discuté en commission à l’Assemblée. Quant au service national, il faudra attendre encore quelques mois pour en voir l’amorce. L’hiver pourrait être long pour Emmanuel Macron.

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