January 8, 2026

Colère des agriculteurs : fumier, ballots de foin, pneus… Après les opérations coup de poing, l’heure est au nettoyage à Foix, une plainte déposée

l’essentiel
La manifestation continue, les agriculteurs sont venus déposer des pneus et des déchets devant deux bâtiments durant la nuit du jeudi 1er janvier. Le nettoyage des rues à débuter, mais pas pour tous les bâtiments. La Mairie entame la démarche pour trouver des recherches des prestataires et annonce qu’un dépôt de plainte a été réalisé.

À Foix, l’heure n’est pas encore au retour à la normale. Après plusieurs actions coup de poing menées par les agriculteurs de la Coordination rurale, la municipalité s’attelle depuis plusieurs jours à une tâche aussi urgente que délicate : nettoyer les rues, évacuer des tonnes de déchets et trouver des prestataires capables d’absorber l’ampleur du chantier. Car si certains sites ont déjà été débarrassés, d’autres restent encore encombrés.

Une mobilisation agricole qui se poursuit en centre-ville

Quelques jours seulement après l’action du 26 décembre, au cours de laquelle des agriculteurs avaient déchargé des dizaines de bennes devant les locaux de la préfecture à Foix, le scénario se répète ce jeudi 1er janvier. De la paille, des pneus et du fumier sont déposés devant les bâtiments de la mutualité sociale agricole (MSA) et des Finances publiques.

Rue de la préfecture de Foix bouché de détritus lundi 5 janvier
Rue de la préfecture de Foix bouché de détritus lundi 5 janvier
Ilan Grisolia – Ilan Grisolia

Si le lendemain, les agents d’entretien ont pu nettoyer la chaussée devant la Sécurité sociale agricole, le parvis des Finances publiques reste lui recouvert de détritus et le portail toujours soudé. Il faut dire que pas moins de dix bennes de déchets ont été déchargées leur contenu devant le bâtiment.

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Face à ces actions, le préfet appelle à l’apaisement. Il souhaite que l’énergie collective soit consacrée à “travailler sur l’ensemble des demandes et attentes du secteur agricole plutôt que de gérer des déchets”.

Entrée du bâtiment des finances publiques lundi 5 janvier
Entrée du bâtiment des finances publiques lundi 5 janvier
Ilan Grisolia

Un nettoyage complexe

À la mairie, le ton est plus opérationnel : il faut surtout gérer les conséquences matérielles. La municipalité a entamé la démarche de nettoyage des rues. Mais les volumes récupérés sont tels que la commune se retrouve contrainte de chercher de nouveaux prestataires.

“Les agents municipaux, principalement issus des services techniques, ont été mobilisés sur ces opérations. Pour ce qui concerne les dépôts importants du 1er janvier devant la Préfecture, au vu des volumes présents, la recherche d’un prestataire est en cours”, fait savoir la municipalité.

Ainsi, certains bâtiments ont déjà été nettoyés, mais ce n’est pas encore le cas de l’ensemble des sites concernés.

Façade du bâtiment des Finance Publique lundi 5 janvier
Façade du bâtiment des Finance Publique lundi 5 janvier
Ilan Grisolia – Ilan Grisolia

Autre enjeu : la gestion des déchets, en particulier des pneus, qui ne peuvent être traités comme des ordures classiques. “La commune doit se conformer aux mesures environnementales. Dans ce cadre, elle doit conclure une convention avec un organisme écoresponsable pour le recyclage des pneus. “Le dépôt d’une plainte a été réalisé, puisqu’il s’agit d’un préalable indispensable à la mise en œuvre de cette convention”, ajoute la mairie.

Quant à la facture, aucun chiffre ni aucune date n’ont été annoncés concernant le coût ou la durée des opérations de nettoyage.

Opinion des Fuxéens

Dans les rues de Foix, les réactions restent contrastées. Certains habitants disent comprendre la détresse du monde agricole, tout en s’interrogeant sur l’efficacité de la méthode.

“C’est difficile à dire parce que moi, je comprends ces agriculteurs, je suis allé les voir, mais est-ce que c’est la solution ? Est-ce que cela leur permettra d’obtenir ce qu’ils veulent ? Après, je trouve ça horrible ce qu’on fait à ces pauvres vaches, de les abattre systématiquement, je ne suis pas d’accord”, confie Nicole.

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“Ça devient n’importe quoi”

D’autres relient ces actions à des inquiétudes plus larges, notamment économiques et commerciales : “Je n’y connais rien aux problèmes de l’agriculture, mais bon, ça devient n’importe quoi. Ils ont sûrement de gros problèmes, mais je pense que c’est plus lié à la peur du Mercosur qu’à ces histoires de maladies bovines”, explique Jean-Marc.

Enfin, certains témoignages sont beaucoup plus tranchés, dénonçant une action jugée illégitime et coûteuse pour le contribuable. “C’est de la délinquance. Qu’ils manifestent, ils ont raison, parce que ce qui leur arrive, honnêtement, c’est scandaleux. Que l’on ne prenne pas en compte leurs revendications, c’est scandaleux, mais ça, c’est de la délinquance. C’est nous qui allons payer avec nos impôts et, honnêtement, moi, je ne cautionne pas du tout. Ce sera à eux de payer ou, au minimum, de venir nettoyer ce qu’ils ont déposé”, tranche une passante.

À Foix, la ville nettoie, évacue, trie et cherche des solutions logistiques. Mais dans les campagnes ariégeoises, la colère continue de gronder et rien n’indique, pour l’instant, que la mobilisation soit sur le point de s’éteindre.

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