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Les photos publiées par le président américain font écho à la célèbre image de Barack Obama dans la Situation Room, la salle de crise de la Maison-Blanche, lors de l’assaut contre Oussama Ben Laden en 2011. Avec des différences significatives.
Donald Trump n’a pas traîné. Peu après l’enlèvement du président du Venezuela Nicolás Maduro, le milliardaire a posté sur son compte Truth Social des photos qui le montrent en train de superviser les opérations. Visage grave, éclairage quasi cinématographique : les clichés, à découvrir dans notre montage vidéo ci-dessus, veulent montrer le dirigeant américain à son avantage en cet instant déjà historique.
Donald Trump entouré du directeur de la CIA John Ratcliffe et du secrétaire d’Etat Marco Rubio dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, pendant l’opération contre Nicolás Maduro, le 3 janvier 2026. @DONALD TRUMP/TRUTH SOCIAL
Cette série d’images rappelle immanquablement la photo célèbre d’un autre président des Etats-Unis : celle de Barack Obama dans la Situation Room, la salle de crise de la Maison-Blanche, en mai 2011, pendant l’assaut des forces spéciales américaines contre Oussama Ben Laden. On croit même y voir une référence explicite lorsqu’on découvre la photo en gros plan du secrétaire d’Etat Marco Rubio main devant la bouche, comme estomaqué devant les événements : c’est le même geste que celui effectué par Hillary Clinton sur le fameux cliché pris quinze ans auparavant par le photographe Pete Souza. A la nuance près que celle qui était également secrétaire d’Etat à l’époque était en réalité… en train de tousser.
Barack Obama (deuxième à gauche sur la photo) dans la Situation Room de la Maison-Blanche, pendant la mission contre Oussama Ben Laden, le 1ᵉʳ mai 2011. PETE SOUZA/MAISON-BLANCHE
Une Situation Room artisanale à Mar-a-Lago
Mais si elles semblent vouloir offrir à Donald Trump « sa » photo iconique de Situation Room, les images partagées par le milliardaire soulignent aussi les différences qui séparent les deux présidents, dans leur style de communication et leur pratique du pouvoir. Par exemple, sur le plan de la mise en scène : quand Barack Obama apparaissait légèrement en retrait dans la célèbre image de 2011, au sein d’une salle remplie à ras bord, Trump se place quant à lui bien en vue, entouré seulement de membres parmi les plus importants de son équipe, tous des hommes. Cette fois-ci, pas de doute : visuellement, le président campe le personnage principal.
Autre différence notable, le décor : du côté de Donald Trump, les grands rideaux noirs déployés en arrière-plan trahissent l’aspect artisanal des installations. C’est que le milliardaire a supervisé les opérations depuis sa luxueuse résidence de Mar-a-Lago, en Floride, où il y passe tant de temps qu’on l’a surnommée « la Maison-Blanche d’hiver ». Si Trump avait voulu illustrer le fait qu’il a agi loin de Washington, du Congrès américain et de tout cadre international, il ne s’y serait pas pris autrement.
Dernier détail : sur l’écran visible derrière Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense (renommé « secrétaire à la Guerre » par Donald Trump en septembre dernier), ce ne sont pas des données confidentielles qu’on distingue, mais… une simple recherche sur le réseau social X, avec le mot-clé « Venezuela ». Selon le journaliste de CNN Brian Stelter, cela a pu constituer un moyen de surveiller la confidentialité de l’attaque jusqu’à un certain point. Toujours est-il que cela offre aussi un petit coup de projecteur à la plateforme d’Elon Musk, avec qui Donald Trump vient justement de se réconcilier.

