January 7, 2026

La mercerie de Lannemezan : 150 ans d’histoire entre tradition et modernité

l’essentiel
Institution du paysage commercial de Lannemezan depuis 1870, la mercerie de la ville a su traverser les époques sans perdre son âme. Reprise en 2012 par Philippa Dryer, passionnée de mode et d’artisanat, cette boutique centenaire mêle aujourd’hui tradition, créativité et modernité.

Véritable pilier du paysage commercial de Lannemezan depuis 1870, la mercerie de la ville est bien plus qu’un simple commerce : elle fait partie intégrante de la mémoire collective locale. Pendant plus d’un siècle, l’enseigne a été transmise de génération en génération au sein de la même famille, traversant les modes, les crises et les évolutions de la société, sans jamais perdre son âme. Depuis maintenant treize ans, une nouvelle page de son histoire s’écrit sous l’impulsion de Philippa Dryer, la plus Lannemezanaise des Sud-Africaines.

Passionnée de mode et de création depuis toujours, Philippa ne s’imaginait pourtant pas reprendre un jour une mercerie dans les Hautes-Pyrénées. « J’ai toujours évolué dans l’univers de la mode. Mon arrivée ici s’est faite un peu par hasard, mon fils souhaitant faire du ski. J’aime l’aventure, découvrir de nouvelles choses. Il faut sans cesse oser », confie-t-elle avec enthousiasme. Un état d’esprit audacieux qui l’a poussée, en 2012, à reprendre ce lieu emblématique lorsque Gérard Courties, héritier de la mercerie familiale, a décidé de prendre une retraite bien méritée.

« J’ai choisi de continuer l’aventure », explique la commerçante. Un choix réfléchi, guidé par le respect de l’histoire des lieux. Philippa a d’ailleurs tenu à conserver les deux employées en poste, dont Anne-Marie, véritable figure de la boutique, présente depuis plus de cinquante ans. Ensemble, elles ont su préserver l’authenticité de la mercerie tout en lui insufflant une touche de modernité, adaptée aux attentes d’aujourd’hui.

Le fait main plébiscité

Dès que l’on franchit la porte, on est séduit par l’atmosphère chaleureuse et conviviale du lieu. Les belles laines aux couleurs variées côtoient les articles de mercerie indispensables, collants, chaussettes, fils, boutons et accessoires en tout genre. S’y ajoutent des produits d’artisanat d’art, comme des perles, des tissus colorés et de nombreuses fournitures créatives. Cette diversité fait le succès de la boutique, qui attire toutes les générations.

« La clientèle a évolué », observe Philippa. « Les jeunes sont de plus en plus attirés par le fait main. Ils souhaitent porter des pièces uniques, même s’ils ne les réalisent pas eux-mêmes. Il y a souvent dans leur entourage une maman, une grand-mère ou une tante qui tricote ou coud. Et puis, on constate un réel regain d’intérêt pour les travaux manuels. »

Au-delà de la vente, la mercerie propose également des services de couture et de retouches pour les particuliers. « Nous ne faisons pas tout, mais il ne faut pas hésiter à demander. Lorsque nous ne pouvons pas assurer une prestation, nous travaillons avec d’autres couturières vers lesquelles nous orientons les clients », précise-t-elle.

Lieu de transmission et de partage, la mercerie est aussi un espace de rencontres grâce aux ateliers organisés régulièrement. « Le mercredi après-midi, nous proposons un atelier tricot. Le vendredi après-midi, place à l’atelier couture, qui rencontre un grand succès. On y apprend notamment les bases pour utiliser une machine à coudre », explique Philippa.

Autant de raisons de pousser la porte de cette mercerie créative et vivante, où l’on peut apprendre à tricoter une écharpe ou un bonnet, indispensables en cette saison, ou tout simplement repartir avec une pièce faite main, reflet d’un savoir-faire précieux et intemporel.

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