Alors que le SUA se prépare cet été à une nouvelle diminution de son budget, dont fait partie la masse salariale, l’aspect sportif ne s’inquiète pas outre mesure sur les potentielles conséquences de ces baisses.
En fin d’année, dans nos colonnes, Jean-François Fonteneau a annoncé une nouvelle baisse de budget à venir au sein d’un club « largement déficitaire depuis trois ans ». Situé autour de 12,7 millions d’euros, celui-ci est attendu, voire espéré, autour de « 11 ou 11,5 » la saison prochaine. Sportivement, cela passe par une baisse de la masse salariale notamment. « Je crois que les clubs, depuis certaines saisons, vivent au-delà de leurs moyens », tempérait il y a quelque temps Mauricio Reggiardo, le manager, loin d’être inquiet pour l’avenir : « La plus petite masse salariale, c’est Aurillac. L’avant-dernière, c’est Colomiers, et c’est bien inférieur. Je crois que c’est moins de 30 % par rapport à nous. Ils sont 2e du championnat, et ont fini 3e la saison dernière. Ils ont trouvé leur modèle. »
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Parier sur la jeunesse
Le SUA, lui, est en quête du sien. En ce sens, il semble parier sur de jolis coups à moindre prix, misant sur la jeunesse, à l’image du prêt du troisième ligne de Toulouse Lomig Jouanny. « L’économie des clubs tient aujourd’hui à des gros pôles économiques ou des mécènes. Si on n’est pas dans l’une des deux cases, il faut pouvoir trouver un équilibre », reconnaît l’adjoint Rémi Vaquin, interrogé en debut de semaine.
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Alors, le Sporting cible « de très bons joueurs qui sont dans des gros clubs, et ne jouent pas ». « Il y a beaucoup de monde. Pour un club intermédiaire comme nous, cela peut être une réelle opportunité. » D’autant plus que le SUA l’a déjà fait par le passé, se faisant prêter avec réussite des Andrés Zafra ou Léo Berdeu à l’époque. « On peut très bien faire avec des moyens plus raisonnables », note Vaquin. « Jeff fait tout ce qu’il peut pour que le club soit dans les meilleures conditions. Je pense que, par le passé, le club a eu des difficultés. Il a envie aussi de mettre le club à l’abri, et de le mettre dans les meilleures dispositions pour qu’il redémarre. Mais on a vu qu’en baissant nos moyens cette année, on était capables de faire une bonne saison », confie le vice-capitaine Peyo Muscarditz, notant que « tout n’a pas attrait non plus à l’argent ». « C’est à nous d’être à la hauteur sur le terrain. » Vaquin acquiesce. « La seule main qu’on a, c’est d’avoir des résultats sportifs pour faire revenir des spectateurs et des partenaires pour aider le club à grandir, à continuer à se pérenniser, et à aller le plus haut possible en Pro D2. »
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Pas de deuil des ambitions
À ce sujet, Reggiardo confie discuter souvent avec Fonteneau. « Ce n’est pas une histoire d’argent, c’est une histoire de modèle, de projet. Nous, on est en train de remettre en place notre formation au cœur du projet. La baisse de budget ne m’inquiète pas. Cela m’inquiète si on baisse la performance. Mais le budget n’est pas lié à la performance de l’équipe », confie l’Argentin, ayant la volonté de « faire confiance aux jeunes joueurs ».
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Une stratégie permettant aussi de faire baisser la masse salariale, comme ce fut le cas ces dernières années. Le club fait ainsi des économies d’un point de vue sportif, mais pas seulement. Il le fait, sur le budget, d’un point de vue administratif aussi, avec, par exemple, le non-remplacement de Thomas Léger comme directeur général. « Il faut un budget pour pouvoir exister dans cette Pro D2 qui est de plus en plus exigeante, parce que tout le monde augmente. La locomotive du Top 14 aspire la Pro D2, et nous, on aspire la Nationale, et ainsi de suite… C’est très bien. Mais par contre, il faut pouvoir avoir plus de maîtrise », conclut Vaquin. Avec moins, le Sporting s’adapte.

