La sphère viticole en Gironde est endeuillée par le suicide tragique de Guillaume Petregne, viticulteur accablé par les dettes. Quelques mois avant sa mort, le père de famille s’était confié à “France 3 Nouvelle-Aquitaine” sur sa situation économique sans précédent.
Il déplorait sa situation en septembre dernier devant la caméra de France 3 Nouvelle-Aquitaine, évoquant une boîte aux lettres remplie de factures et une activité qui ne rapportait plus rien.
Guillaume Petregne, un viticulteur de 44 ans installé à Saint-Yzans-de-Médoc, a mis fin à ses jours, a annoncé ce samedi 3 janvier 2026 la Coordination rurale 33 dans un post Facebook. L’homme avait annoncé qu’il envisageait d’arrêter son exploitation viticole familiale tant les dettes et la pression financière étaient lourdes à porter. Il était père de famille.
Un viticulteur amoureux de son métier mais à bout de souffle
Dans le vignoble girondin, l’histoire de viticulteurs à bout de souffle devient de plus en plus fréquente. La mort tragique de Guillaume Petregne a profondément ému le monde du vin. Fils d’une longue lignée de vignerons, il avait repris la propriété familiale au milieu des années 2010 avant de devoir faire face à des difficultés économiques croissantes.
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Ses vignes, autrefois source de fierté, ont été arrachées après des années de prix de vente très bas (autour de 700 € le tonneau) et de difficultés à écouler sa production, relate le site Vitisphere. “Je ne cesse de faire des concessions. Je ne vois pas trop ma famille qui est à Bordeaux, ni mes gamins grandir. Je suis plus au travail qu’autre chose et à l’arrivée, ça ne sert plus à rien”, déplorait-il auprès de France 3 quelques mois avant son suicide.
Une baisse de la consommation et une concurrence internationale rude
Ce drame s’inscrit dans un contexte plus large de fragilisation de la filière. Beaucoup de viticulteurs racontent des campagnes sans vente durable depuis des mois, des dettes accumulées sans visibilité d’un rebond, et la nécessité parfois de mettre la clé sous la porte d’exploitations qui font pourtant vivre des générations de familles. Guillaume Petregne le disait lui-même : “Les grands-pères étaient fiers que leurs petits-enfants ou enfants récupèrent les exploitations agricoles. Maintenant, on le déconseille vivement à nos enfants.”
Plusieurs facteurs structurels expliquent cette détresse : la baisse continue de la consommation de vin, qui s’est effritée sur plusieurs décennies ; la concurrence internationale et la difficulté à exporter certains crus ; des aléas climatiques qui pèsent sur les rendements et la qualité des récoltes ; ainsi que la chute des prix de vente, qui rend l’activité moins viable pour les petits et moyens domaines.
Dans la région bordelaise, ces problèmes se traduisent par des milliers d’hectares déclarés en difficulté et par des arrachages massifs de vignes face à une surproduction qui pèse lourdement sur les marchés, précise Le Journal des Entreprises.
“Cette hémorragie doit s’arrêter”
Cette crise économique s’accompagne d’un effet social dramatique. Si le suicide est un phénomène qui touche déjà de manière inquiétante le monde agricole en général, la viticulture n’est pas épargnée. “Cette hémorragie doit s’arrêter”, fustige sur Facebook la coordination rurale 33 dans son post Facebook. En pleine colère agricole, le syndicat a invité à “repartir” sur les routes et gagner Paris “avec un seul but : sauver notre agriculture et défendre nos revenus […]”.
D’après ActuBordeaux, ce drame intervient quelques mois après le suicide d’un autre viticulteur, âgé de 37 ans, à Saint-Hilaire-du-Bois (Gironde).

