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Le Nouvel Obs avec AFP
Des personnes se réunissent autour d’un mémorial pour les victimes de l’incendie, le 4 janvier 2026 à Crans-Montana. MAXIME SCHMID / AFP
L’identification des corps des victimes de l’incendie en Suisse d’un bar d’une station de ski alpine se poursuit ce dimanche 4 décembre, tandis que Crans-Montana célébrait la mémoire des 40 morts lors d’une messe.
Outre les huit Suisses précédemment identifiés, les autorités du canton du Valais ont annoncé dimanche matin l’identification de dix autres Suisses (quatre femmes et six hommes) âgés de 14 à 31 ans, de deux Italiens de 16 ans, d’un Français de 39 ans, d’un ressortissant ayant la double nationalité italienne et émiratie de 16 ans, d’un Roumain de 18 ans, et d’un Turc âgé de 18 ans.
Plus tard dans la journée, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a annoncé que huit Français avaient été jusqu’à présent identifiés parmi les corps et un reste toujours porté disparu, a annoncé dimanche soir le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Pascal Confavreux a également indiqué sur BFMTV qu’un total de 23 Français ont été blessés dans l’incendie.
A ce jour, l’identité de onze mineurs a pu être établie. Plusieurs patients grands brûlés ont été transférés dans des hôpitaux en France, en Belgique, en Allemagne et en Italie.
Messe et marche silencieuse
La messe dominicale à l’intention des victimes a été suivie d’une marche silencieuse à laquelle ont participé plusieurs centaines de personnes dans Crans-Montana, jusqu’à la chapelle ardente installée à proximité du lieu du drame.
« Les objectifs des médias du monde entier sont braqués sur notre station. Merci à eux de solliciter la compassion dont les familles des victimes blessées ou défuntes ont tellement besoin », a déclaré pendant l’office Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion. « Parmi les victimes, beaucoup étaient apprentis, collégiens collégiennes, étudiants », a rappelé le pasteur Gilles Cavin, représentant l’Eglise réformée de Suisse.
L’église, située à 300 mètres du bar, était pleine à craquer bien avant le début de la messe, retransmise sur un écran géant à l’extérieur. Malgré des températures descendant jusqu’à -9 °C, des centaines de personnes se tenaient dehors, certaines des bouquets de fleurs à la main, d’autres une simple rose rouge. Des secouristes en uniforme ont marché ensemble vers l’église, leurs casques à la main.
Bougies et mousse acoustique
Selon les premiers éléments et témoignages, des bougies incandescentes, fixées sur des bouteilles de champagne placées trop près du plafond du sous-sol du bar Le Constellation, seraient à l’origine du drame qui s’est déroulé la nuit de nouvel an.
Les autorités suisses ont ouvert une enquête pénale contre les deux gérants français du bar, accusés d’« homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence ». Avant d’envisager un éventuel procès, cette enquête devra établir la responsabilité de ce couple, Jacques et Jessica Moretti, et portera sur les travaux effectués au sein de l’établissement, les matériaux utilisés, les autorisations d’exploiter et les mesures de sécurité.
L’enquête se penchera également sur la pose au plafond de la mousse acoustique qui s’est très rapidement embrasée. Elle déterminera si ce matériau insonorisant était conforme aux normes et s’il est à l’origine de la catastrophe.
La question de la praticabilité de la sortie de secours est également posée par des témoignages. Mais les autorités n’ont rien dit à ce sujet pour l’instant. Sur des vidéos du drame, on voit des jeunes qui tentent désespérément de sortir du bar, d’une capacité maximale de 300 personnes.
Le président de la commune de Crans-Montana, Nicolas Féraud, a assuré de son côté à la radio-télévision publique suisse RTS qu’il n’y avait eu aucun laxisme de la part de sa commune.

