Un grafiti représentant Nicolas Maduro, dans les rues de Caracas. JUAN BARRETO / AFP
Que penser de l’intervention au Venezuela ? En France, des politiques de tous bords ont dénoncé ce samedi la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines. Mais au-delà de la condamnation d’une violation du droit international, la gauche et la droite française restent guidées dans leur réactions par leur visions divergentes du régime Maduro.
La gauche radicale a été la plus virulente dans sa condamnation de l’attaque américaine. « Les USA de Trump s’emparent du pétrole du Venezuela en violant sa souveraineté avec une intervention militaire d’un autre âge et l’enlèvement odieux du président Maduro et de son épouse », a dénoncé sur le réseau social X l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier est régulièrement accusé d’être un soutien de Nicolas Maduro, ce qu’il récuse, même si son prédécesseur Hugo Chavez était un de ses modèles politiques.
« Quelqu’un réveille le président Macron ? Il est temps que la République française condamne l’attaque contre le Venezuela », a-t-il ajouté.
Macron reste muet
Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a affirmé que l’opération américaine « contrevient au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international » et qu’« aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur ».
Emmanuel Macron est pour l’heure resté muet, même si son entourage a fait savoir qu’il « suit de près la situation ».
Le patron du Parti socialiste Olivier Faure a lui affirmé sur X que « quoi que l’on pense de Maduro, cet acte doit être unanimement condamné ». Jugeant que « la force ne peut remplacer le droit », il s’est inquiété d’« un feu vert donné à tous les autocrates du monde ».
« Pas une larme pour le dictateur ploutocrate Maduro, mais il faut avoir conscience que nous entrons dans un monde sans droit international où prévaut la loi du plus fort », s’est inquiété l’eurodéputé social-démocrate Raphaël Glucksmann.
Plus largement, LFI a enjoint dans un communiqué « le gouvernement français à condamner sans ambiguïté cette guerre, à exiger un cessez-le-feu immédiat et à défendre la souveraineté du Venezuela ».
Le parti de gauche radicale et le parti communiste ont appelé à un rassemblement contre cette attaque samedi à 18H00, place de la République à Paris.
Le PCF a dénoncé pour sa part un « scandale absolu », tandis que la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a plaidé pour que la France condamne les bombardements nocturnes au Venezuela, sans mentionner la capture de Nicolas Maduro.
Ciotti salue la chute du dictateur
A l’autre bout du spectre politique, la patronne du Rassemblement National Marine Le Pen a jugé qu’il y avait « mille raisons de condamner le régime de Nicolas Maduro : communiste, oligarchique et autoritaire » mais que « la souveraineté des États n’est jamais négociable ».
« Renoncer à ce principe aujourd’hui pour le Venezuela, pour n’importe quel État, reviendrait à accepter demain notre propre servitude », a-t-elle ajouté, appelant à « rendre la parole » aux Vénézuéliens.
Le vice-président des Républicains Julien Aubert a affirmé, lui, que « les Etats-Unis ne sont pas le gendarme du monde » et « n’ont aucune légitimité pour décider qui doit gouverner où ».
L’ancien Premier ministre Michel Barnier (LR) a lui écrit sur X que l’attaque « confirme que l’usage décomplexé, unilatéral de la force devient dangereusement le mode privilégié d’action internationale, y compris de la part de démocraties alliées ».
En dissonance, Eric Ciotti, dont le parti UDR est allié du RN, a salué la « chute du dictateur Maduro ». « Cette bonne nouvelle pour le peuple vénézuélien doit s’intégrer dans le respect du droit international », a-t-il dit, demandant « un processus démocratique ».

